Ce matin dans l’hémicycle du Conseil départemental, Cyrille Melchior et l’ensemble des acteurs du logement et de l’économie locale ont scellé une union sacrée. Face à la baisse drastique des budgets parisiens, la collectivité prend ses responsabilités en injectant 2,4 millions d’euros pour relancer immédiatement la construction de 340 logements.
Une « union sacrée » pour conjurer l’asphyxie. Autour de la table ce matin, les visages étaient graves mais la détermination partagée. Outre le Département, la table ronde réunissait l’Association des maires (AMDR) présidée par Serge Hoareau, l’ARMOS OI (Association régionale des maîtres d’ouvrage sociaux) représentée par sa directrice fraîchement élue Valérie Fumaz, la CCI Réunion avec Patrick Verguin, la CMA Réunion emmenée par Bernard Picardo, ainsi que les principaux bailleurs sociaux (SEDRE, SEMADER, SHLMR…) et les représentants du BTP.
L’objectif de ce front commun : envoyer un signal fort à Paris. Car sur le terrain, l’urgence n’est plus seulement sociale, elle est désormais budgétaire, économique et territoriale.

L’absurde équation : Moins de moyens pour plus d’obligations
C’est le chiffre qui cristallise toutes les colères : la Ligne Budgétaire Unique (LBU), véritable poumon du logement social outre-mer, a subi une coupe claire vertigineuse. Elle est passée de plus de 85 millions d’euros en 2024 à seulement 27 millions d’euros cette année.
Pour Serge Hoareau, président de l’AMDR, cette baisse est d’autant plus incompréhensible qu’elle place les maires face à une injonction paradoxale intenable. D’un côté, l’État exige le respect de la loi SRU et le seuil de 25 % de logements sociaux ; de l’autre, il coupe les vivres qui permettent d’y parvenir.
« Ce n’est plus une simple alerte, c’est une dégradation concrète et immédiate. Dans nos mairies, la demande d’un toit digne et décent est parfois devenue plus pressante que celle d’un emploi. Le logement est la base de la stabilité d’une famille. On ne peut pas demander aux maires de faire plus avec trois fois moins. »
Cette pénurie financière grippe déjà toute la machine locale. Aujourd’hui, 15 opérations immobilières sont en souffrance sur l’ensemble de l’île. Concrètement, des projets de construction neuve (impactant 14 communes) et des chantiers de réhabilitation ou d’amélioration de l’habitat (touchant 8 communes) sont purement et simplement bloqués ou ralentis, faute de financements.

Le Département assume sa part et débloque 2,4 millions d’euros
Face au désengagement national, les collectivités locales saturent et ne peuvent pas compenser indéfiniment les manques de l’État sous peine de fragiliser leurs propres équilibres budgétaires. Pourtant, le Département a choisi de montrer l’exemple en prenant ses responsabilités.
Cyrille Melchior a ainsi annoncé le déblocage d’une enveloppe d’urgence de 2,4 millions d’euros d’aides directes aux bailleurs sociaux pour débloquer immédiatement la réalisation de 340 logements à La Réunion. Un effort qui s’ajoute à la décision récente de maintenir, sur fonds propres, un quota de 1 700 bénéficiaires du RSA dans le dispositif des contrats aidés grâce à un investissement de 12 millions d’euros.
Mais le président du Département est catégorique : le problème ne vient pas des compétences locales. Les opérateurs, les bailleurs et les entreprises réunionnaises savent construire et disposent de tout le savoir-faire nécessaire pour sortir des programmes de terre, malgré la lourdeur des procédures administratives. Le seul verrou est financier.

Porter le combat « au plus haut niveau de l’État »
Pour faire sauter ce verrou, Cyrille Melchior a annoncé son intention de porter personnellement ce dossier à Paris, directement auprès du Premier ministre.
« La LBU ne doit plus être traitée comme une simple variable d’ajustement ou une ligne de dépenses d’investissement ordinaire. » À La Réunion, le logement est le moteur de l’économie locale, le gagne-pain du BTP et, surtout, le garant de la paix sociale.
Cette crise fragilise en effet par ricochet tout le secteur du bâtiment, premier employeur de l’île. Alors que les professionnels tentent de rendre les métiers du BTP attractifs auprès des jeunes Réunionnais, les annonces régulières de pertes d’emplois et le manque de visibilité sur les chantiers découragent les vocations.

La mobilisation de ce matin se veut le point de départ d’une pression constante sur le gouvernement. Acteurs publics, consulaires, sociaux et économiques refusent de relâcher l’effort : « l’accès à un logement digne pour chaque famille réunionnaise ne peut pas être sacrifié sur l’autel de la rigueur budgétaire nationale.»














A la réunion, le droit à un logement digne pour chaque famille est une priorité essentielle.
Avoir un toit adapté, sécurisé et décent, c’est offrir à chacun les conditions nécessaires pour vivre, grandir et construire son avenir dans la dignité.
Face aux défis du logement, le Conseil Départemental s’investît pleinement aux côtés des familles, en portant des actions concrètes et en menant un véritable combat pour améliorer les conditions de vie des réunionnais et des réunionnaises. Un grand merci pour son engagement, sa détermination et les efforts constants déployés afin de défendre ce droit fondamental et d’accompagner celles et ceux qui en ont le plus besoin.
très bonne initiative , mieux vaut des actes que beaucoup de paroles stériles
Madame BELLO vous qui avez attaqué Monsieur Melchior sur ses différentes rencontres auprès des ministères…voilà ce qu’il fait!
Il fait avancer la Réunion…et vous? A part de jacasser????
Que fait réellement la Région ?
Le Département est présent sur le terrain et apporte une aide concrète aux habitants, tandis que la Région semble rester enfermée dans sa propre organisation, loin des réalités quotidiennes et incapable d’apporter un soutien visible.
C’est pourtant pour représenter et aider ces citoyens que nous élisons nos responsables. Alors, à quoi sert le vote si les institutions ne répondent pas aux besoins de ceux qui en ont le plus besoin ?
Avant de critiquer, il faudrait regarder les code général des collectivités. Vous apprendrez que le logement n’entre pas dans les compétences fdes régions, ici comme ailleurs.
Su vous êtes en tant soit peu curieuse, vous saurez que la Région contribue au financement de l’aménagement, souvent préalable au début de l’opération et qu’elle a aidé en financement encore plus récemment alors que ce n’est pas son rôle.
Au moins, vous saurez maintenant.
Elle est 1ere VP du TO non???
Que fait elle?