Alors que la direction des finances publiques affiche des taux de dématérialisation records sur l’île, le syndicat Solidaires Finances Publiques Réunion dénonce un « recul du service public ». Entre l’illusion des chiffres et l’exclusion des publics fragiles, les représentants des agents alertent sur une dématérialisation à marche forcée.
Dans les locaux des syndicats, l’ambiance est à la vigilance. Si, pour l’administration, la campagne déclarative 2025 rime avec « modernisation », pour Sandra Chan-Foc, co-secrétaire de Solidaires Finances Publiques Réunion, la réalité du terrain est tout autre. Accompagnée de ses collègues Stéphane Crampé et Jacques Li-Thiao-Té, elle a tenu à apporter un éclairage critique sur les chiffres flatteurs présentés par la direction.
« Le mirage des 92 % de télédéclaration »
Le premier coup de griffe porte sur l’indicateur phare du directeur des finances publiques à La Réunion, Ludovic Robert lors des son intervention le 09 avril dernier : un taux de déclaration en ligne de 92 % à La Réunion, soit deux points de plus que la moyenne nationale. Un succès en apparence, que les syndicalistes nuancent immédiatement.
« Dans ces 92 %, il y a 40 % de déclarations automatiques », précise Sandra Chan-Foc.
Ces usagers sont intégrés statistiquement aux télédéclarants sans même s’être connectés. Au niveau national, ce chiffre tombe à 28 %. Résultat : proportionnellement, moins de Réunionnais font la démarche active de se connecter que dans l’Hexagone.
Le risque ? Que les erreurs s’accumulent (changements d’adresse, enfants sortis du foyer, revenus exonérés mais taxés par défaut).
« On laisse le pilotage automatique, et quand l’usager se rend compte de l’erreur, il faut deux à trois mois pour rectifier. Pour une famille qui attend ses allocations ou une bourse, c’est un drame social », s’alarme le syndicat.

L’IA et les bornes : des solutions « insuffisantes »
L’intelligence artificielle, souvent brandie comme le remède miracle, est également dans le viseur. Si elle permet de détecter des fraudes, comme les piscines non déclarées en 2025, elle ne remplace pas l’expertise humaine.
« Sans un agent derrière pour traiter l’information, l’IA ne sert à rien », martèlent les représentants.
Quant aux bornes informatiques installées dans les centres, elles ne semblent pas rassurer. En période d’affluence, un agent ne peut accompagner individuellement chaque usager s’ils sont des centaines à attendre.
« Le besoin de présence physique est criant. En 2025, nous avons reçu plus de 268 000 personnes physiquement, contre seulement 108 000 échanges par messagerie. C’est plus du double », note Stéphane Crampé.
Un public réunionnais plus vulnérable
L’enjeu est d’autant plus crucial que le contexte local est spécifique. À La Réunion, l’avis d’imposition est la clé de voûte de l’accès aux aides sociales. Or, cette année, l’administration généralise la dématérialisation des avis, même pour ceux qui déclarent encore sur papier.
« Pour obtenir son papier, il faudra désormais aller sur Internet, sauf si l’usager fait une démarche explicite pour maintenir l’envoi postal », explique Jacques Li-Thiao-Té.
Une barrière supplémentaire « pour les personnes âgées, isolées ou celles craignant les fuites de données bancaires », alors que les piratages de fichiers administratifs défraient la chronique.
La création d’un centre à Saint-Benoît
Au milieu de ces critiques, une nouvelle organisation pointe à l’horizon : la création, au 1er septembre prochain, d’un centre de contact à Saint-Benoît. Ce centre sera dédié aux professionnels.
« L’avantage, c’est que les demandes des entreprises réunionnaises seront traitées localement », souligne Sandra Chan-Foc, tout en restant prudente sur l’avenir des effectifs.
L’avertissement porté par les représentants syndicaux sonne comme un rappel à la réalité : « la technologie doit demeurer un levier d’appui et non un substitut aux dépens des plus fragiles. » Face à des lignes téléphoniques saturées et un jargon administratif qui reste une barrière pour beaucoup, Solidaires Finances Publiques exige « la sanctuarisation, voire le renforcement, de l’accueil de proximité. »
Pour le syndicat, aucune ligne de code ne pourra remplacer l’expertise d’un agent, car « derrière chaque dossier fiscal se cache une situation humaine que l’algorithme ne sait pas interpréter. »















NE FAITES PLUS AUCUNE DECLARATION DES IMPOTS ! BLOQUONS CE SYSTEME DE SCELERATS ET DE VOLEUR AU POUVOIR
Le numérique a rendu les gens inciviles
Revenons au papier, les registres étaient inscrits et la traçabilité y était , a ce jour avec.le numérique si le gus d’employé trompe de touche on est dans le gros caca
Si il n’y avait que ça , les Hackers se frottent les mains car les sites de l’état sont des vrais passoires .