Ce matin, à l’Akoya Hôtel & Spa à la Saline Les Bains, avait des airs de veillée d’armes. Pas de tongs ni de farniente au programme, mais la conférence de presse officielle du GFTC 05 . Le grand patron, Christophe Leperlier, a planté le décor d’entrée de jeu : le 20 juin prochain, le MMA péi passe à la vitesse supérieure au Stade de l’Est à Saint-Denis. Et au vu de la fight card dévoilée, autant vous dire que les abonnements aux ostéopathes risquent de grimper en flèche dès le lendemain.
Un nouveau shérif dans la cage (et dans les bureaux)
Première grosse annonce de la matinée : l’organisation muscle son équipe. Mathieu Grondin, 36 ans, combattant pro qui a déjà porté le maillot de l’équipe de France à l’international (GAMMA) et expert en Jiu-Jitsu Brésilien / Grappling, débarque en tant que Directeur Sportif.
Son crédo ? Du spectacle, de la structure, et surtout… du temps de jeu. Mathieu a déjà annoncé la couleur : il veut des combats en trois rounds. Pourquoi faire court quand on peut infliger et recevoir du plaisir plus longtemps ? C’est ça, le respect du travail et des sacrifices de la préparation.

Ceinture Amateur : l’expérience face à la fougue
Le ton est monté d’un cran lors de la présentation des premiers chocs. Chez les amateurs, on ne trie pas les lentilles.
Nicolas Laurestant vs Erickson Tatel : D’un côté, Laurestant, un CV long comme le bras dans les disciplines de frappe de l’île, qui vient tester la cage pour la première fois. De l’autre, Tatel, le jeune loup qui représente la relève et qui n’a visiblement pas l’intention de servir de comité d’accueil respectueux. Le choc des générations est lancé.
Marcel Rato vs Allan Hang-Law : Rato est invaincu, Hang-Law est un adepte du « bouton off » (comprenez : il éteint les lumières de ses adversaires à tout moment). Bref, les juges risquent de pouvoir cligner des yeux, pas nous.

Les Pros entrent en scène : ça va piquer !
La transition vers le MMA professionnel montre à quel point La Réunion est devenue une terre de guerriers. Fini le temps du pancrace « à l’ancienne », place à la modernité.
Nassuf Mouhoudiri vs Damien Tafiki : Mouhoudiri fait son grand retour dans la cage. Changement de style ou même punition ? En face, Tafiki ne vient pas faire du tourisme ou goûter nos spécialités locales : il vient pour marquer les esprits.
Sofiane Kaci vs Johnny Gauvin : Gauvin, monument du pieds-poings local, fait sa transition officielle vers le MMA. Un pari risqué ? Kaci l’attend de pied ferme et compte bien lui rappeler que dans la cage, on a aussi le droit d’utiliser les bras au sol.

Main Event & Co-Main Event : connexion Réunion-Métropole en Visio
Même à distance (merci la technologie), la tension était palpable pour les têtes d’affiche.
En Co-Main Event, Quentin Arola et Bruno Lauret promettent une opposition d’une intensité rare où la décision des juges semble être une option très secondaire.
Pour le bouquet final (le Main Event), la ferveur locale va exploser : Jérémy Payet, l’enfant chéri du public réunionnais, défiera le solide Josué Ekedi, venu de métropole. Ekedi a affirmé être prêt à gérer la pression du public chaud bouillant du Stade de l’Est. Jérémy Payet, lui, compte bien lui montrer que l’air des hauts est parfois très difficile à respirer pour les visiteurs.
Le bémol de l’édition : où sont les femmes ?
S’il y a un regret à formuler sur cette très belle carte, c’est l’absence totale de combats féminins cette année. Et c’est bien dommage. Quand on voit des profils inspirants comme Mouzna Ali, qui mène de front sa vie d’infirmière et sa carrière de combattante internationale, on sait que le MMA féminin n’a absolument rien à envier aux hommes en termes d’intensité, de technique et de courage.
À défaut d’enfiler les gants cette fois-ci, Mouzna sera tout de même présente pour l’événement en tant que juge au bord de la cage. Une excellente manière de garder un œil d’experte sur les débats en attendant, on l’espère, la réouverture rapide de la cage réunionnaise aux combattantes dès la prochaine édition.

Objectif : l’Océan Indien et le reste du monde !
Au-delà des parpaings distribués le 20 juin, le GFTC voit grand. Très grand. L’organisation assume son rôle de tremplin vers le très haut niveau (des discussions coulisses existent déjà avec des structures nationales).
Mieux encore, le GFTC prépare sa conquête régionale pour les années à venir (notamment 2027) en s’ouvrant à Maurice, Madagascar, Mayotte et les Comores. Le but ? Créer une véritable ligue des champions de l’océan Indien, en espérant que les guerrières de la région y trouvent aussi toute leur place.


Le rendez-vous est pris : Sortez les agendas, réservez vos places. Le 20 juin, au Stade de l’Est, il y aura de la sueur, du spectacle, et de l’ambition à revendre. Que les meilleurs gagnent !














