À 100 ans tout pile, Marcelle Félicité trône désormais au sommet d’une pyramide familiale impressionnante : 4 enfants, 15 petits-enfants et 25 arrière-petits-enfants ! Un siècle de vie célébré ce jeudi 19 mars à la maison de retraite EHPAD à Sainte-Marie, entre rires, champagne et souvenirs d’une vie de courage.
Derrière le sourire radieux de la centenaire, se cache la force tranquille de celles qui ont traversé les plus grandes tempêtes. Car si la fête était belle, une pensée émue habitait tous les cœurs : celle de son fils, Maxime François Parmentier, disparu en mer à Saint-Leu il y a plus de 30 ans. Un corps jamais retrouvé et un chagrin de maman qui, s’il ne s’est jamais éteint, a forgé chez elle une résilience hors du commun.

C’est cette même force qui a poussé ses deux autres fils, Mario et Guito, à braver les fuseaux horaires : l’un arrivant de France et l’autre d’Allemagne, pour ne pas rater ce rendez-vous avec l’Histoire et entourer leur maman de tout l’amour qu’elle mérite.

La magie dans une case en tôle
On est loin des châteaux et du luxe. La vie de Marcelle, c’est celle de La Vigie à La Montagne. Une époque où l’on se levait avant le soleil pour élever ses garçons, seule, sans l’aide du papa, mais avec une volonté de fer. Dans sa petite case en tôle, avec les fameuses toilettes « au fond de la cour » et le confort rudimentaire des Hauts, Marcelle n’a jamais laissé la dureté de la vie l’emporter.
« La vie était dure, mais maman la rendait magique », confie André dit Dédé, l’un de ses fils.

Le respect et l’amour étaient les seuls vrais piliers de cette maison. Et entre deux journées de labeur, Marcel trouvait encore la force de faire briller ses souliers pour aller danser. Car oui, la centenaire a toujours eu le rythme dans la peau !
« Mario, mon gâté chéri… »
Le gène de la musique coule d’ailleurs dans les veines de la famille : Mario est le neveu du regretté Jules Arlanda, monument du patrimoine réunionnais. Alors forcément, quand Marcel pose les yeux sur son fils, le spectacle commence. Pas besoin de partition pour la gramoune, qui entonne immédiatement son refrain fétiche :
« Mario, mon gâté chéri, Mario mon coco ! ».
Un moment suspendu qui a fait fondre toute l’assistance.

Un personnel dévoué et une fête au sommet
Wilfrid, son aide-soignant depuis près de 30 ans, confirme ce que tout le monde sait déjà : Marcelle est une « force de caractère ». Mais si elle affiche une telle forme, c’est aussi grâce au dévouement quotidien du personnel de l’EHPAD La Miséricorde à Sainte-Marie, toujours aux petits soins pour ses résidents.

Pour couronner ce siècle de courage, la fête a été à la hauteur de la dame. La famille a fait sauter les bouchons de champagne pour trinquer avec toute la tribu, tandis qu’un gros gâteau façon « pièce montée » venait clore le dessert en beauté.

À 100 ans, Marcelle nous rappelle que malgré les épreuves et les absences, tant qu’il y a de la danse, du chant et de la solidarité, la vie reste un cadeau.


Bon anniversaire, Madame Félicité !















