Le « Jet A », ce kérosène américain que l’Europe envisage pour éviter une pénurie estivale

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L’aviation européenne pourrait-elle bientôt voler avec un carburant venu d’outre-Atlantique ? Depuis plusieurs semaines, les inquiétudes autour d’éventuelles pénuries de kérosène s’intensifient. En cause : la flambée des tensions au Moyen-Orient, la fermeture stratégique du détroit d’Ormuz, par où transite une part essentielle du pétrole mondial, et la hausse brutale des coûts logistiques.

Dans ce contexte, l’Agence européenne de la sécurité aérienne (AESA) a ouvert la voie, vendredi 8 mai, à une possible utilisation plus large du « Jet A », le carburant standard utilisé aux États-Unis et au Canada. Une mesure présentée comme préventive, alors que Bruxelles assure ne pas être confrontée à une pénurie immédiate.

Un carburant presque identique au kérosène européen

Le Jet A est un carburant aéronautique dérivé du pétrole, très proche du Jet A-1 utilisé en Europe et dans la majorité du monde. Tous deux alimentent les avions commerciaux, mais une différence technique majeure les distingue : leur résistance au froid.

Le Jet A-1 européen possède un point de congélation plus bas, environ -47°C contre -40°C pour le Jet A américain, ce qui le rend mieux adapté aux longs vols à haute altitude et aux conditions extrêmes traversées sur certaines routes intercontinentales.

C’est précisément cette exigence technique qui explique pourquoi le Jet A n’est quasiment jamais distribué en Europe, hormis pour certains avions revenant directement d’Amérique du Nord.

Pour autant, l’AESA se veut rassurante. « Le Jet A est utilisé quotidiennement pour les vols au départ et à l’intérieur des États-Unis et du Canada », rappelle l’agence, qui estime qu’une introduction temporaire en Europe « ne poserait pas de problème de sécurité », à condition qu’elle soit rigoureusement encadrée.

Une réponse à une crise énergétique sous tension

L’hypothèse d’un recours au Jet A traduit surtout la nervosité croissante du secteur aérien. Depuis le début du printemps, le prix du kérosène s’envole, fragilisant particulièrement les compagnies low-cost dont les marges sont étroites.

Certaines entreprises du secteur craignent désormais des difficultés d’approvisionnement durant la haute saison touristique estivale. Les compagnies européennes poussent donc Bruxelles à assouplir rapidement certaines normes afin de diversifier les sources de carburant disponibles.

Mais cette ouverture pose aussi des défis opérationnels. L’AESA met en garde contre les risques liés à la coexistence des deux carburants dans les infrastructures européennes. Réservoirs, procédures de stockage, formation des équipes techniques : toute la chaîne logistique devrait être adaptée pour éviter les erreurs de manipulation ou les mélanges non contrôlés.

Une dépendance révélatrice des fragilités européennes

Au-delà de la réponse d’urgence, cet épisode met en lumière la dépendance persistante de l’Europe aux hydrocarbures importés. Malgré les ambitions climatiques affichées depuis plusieurs années, le transport aérien demeure massivement tributaire des carburants fossiles.

Pour plusieurs experts, cette crise pourrait accélérer les investissements dans les carburants d’aviation durables, les SAF (Sustainable Aviation Fuels), produits à partir de biomasse, de déchets ou de procédés synthétiques moins émetteurs de CO₂.

« Cette crise devrait pousser les États à investir dans les carburants alternatifs, non seulement pour des raisons climatiques, mais aussi pour des raisons de souveraineté énergétique », estime l’expert Matteo Mirolo.

Reste que ces carburants alternatifs demeurent aujourd’hui produits en quantités limitées et à des coûts bien supérieurs au kérosène conventionnel. À court terme, le Jet A apparaît donc moins comme une révolution que comme un plan de secours face à une crise énergétique mondiale redevenue hautement géopolitique.

3 Commentaires

  1. Hypothèse : serait-il possible que Trump ait fermé Ormuz pour obliger les Européens à acheter son pétrole -très cher -, en ayant bien évidemment précédemment interdit au pétrole russe -bon marché- d’entrer en Europe ?
    Merci aux dirigeants européens

  2. « L’aviation européenne pourrait-elle bientôt voler avec un carburant venu d’outre-Atlantique ? Depuis plusieurs semaines, les inquiétudes autour d’éventuelles pénuries de kérosène s’intensifient. En cause : la flambée des tensions au Moyen-Orient, la fermeture stratégique du détroit d’Ormuz, par où transite une part essentielle du pétrole mondial, et la hausse brutale des coûts logistiques. »

    Dans ce contexte, surtout ne pas parler ou évoquer les débiles qui nous dirigent et qui ne veulent pas du carburant venant de Russie
    on est dirigés par des abrutis et des corrompus qui bossent avec les mafieux et trafiquants des USA

  3. Si hier les Ricains n’étaient pas là,
    Nous serions tous en Germany
    À parler de je ne sais quoi
    À saluer je ne sais qui.

    Si demain les Ricains ne sont pas encore là pour nous vendre du carburant cinq fois plus cher,
    Nous serions tous contraints de rouler avec du carburant russe bon marché.

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