La coulée actuelle nous rappelle la force du Piton de la Fournaise.
Aujourd’hui encore, la lave fascine et inquiète.
Si la coulée de 2017 avait été qualifiée de « coulée du siècle », celle d’avril 1977, qui avait envahi Piton Sainte-Rose, reste gravée dans la mémoire réunionnaise.
Regardez ces archives saisissantes de cette année 1977.
15 avril 1977 : un spectacle de désolation l’éruption du siècle…
Piton Sainte Rose : un village ravagé !
L’église debout au milieu d’un océan de lave…
Le miracle : la coulée de lave épargne l’église !
(Archives Le Quotidien)
Archive le Journal de l’Île : édition spéciale pour le 50ème anniversaire du JIR le mercredi 12 septembre 2001




















L’Île au Cœur : Le Miracle du Retour
Il est des terres qui ne nous quittent jamais tout à fait, même quand on tente de nous en arracher les racines.
En 1964, on m’a emmenée loin de mon île natale pour un futur construit sur des mensonges. Pendant 26 ans, le silence a remplacé ma langue maternelle. Pas une sonorité, pas un chant : le Kréol nous était interdit. Ma maman, soumise par la peur et voulant me protéger, s’exécutait sans dire un mot dans notre langue. On nous a imposé l’oubli, mais le cœur, lui, n’a jamais cessé de battre au rythme de notre terre.
À 28 ans, j’ai brisé ce sortilège en offrant à ma maman son retour sur notre île pour ses toutes premières vraies vacances. Un pont jeté au-dessus de l’exil.
Aujourd’hui, je contemple les miracles de notre île, comme ce 15 avril 1977 où la lave a épargné l’église de Sainte-Rose. Ma vie est à l’image de ce miracle : j’ai traversé le feu, la terreur et le déracinement. Mes ancêtres, arrivés ici en 1765, m’ont légué huit générations de légitimité.
Même si certains me regardent encore comme une étrangère ou une « pas Kréol », je reste debout sur mon lopin de terre, telle une guerrière. On ne peut pas effacer ce qui est inscrit dans le sang et dans l’âme.
Je suis née ici, je suis revenue ici, et c’est ici que je respire enfin. Je suis Kréol, fière et indéracinable.