« Lèv preskription la ! » : L’Union des Femmes Réunionnaises réclame la fin de la prescription pour les viols

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C’est un combat de longue haleine que l’Union des Femmes Réunionnaises (UFR) remet avec force sur le devant de la scène. Depuis de nombreuses années, l’association réunionnaise milite activement pour une refonte en profondeur du droit pénal français concernant le viol et l’ensemble des violences sexuelles. Son mot d’ordre actuel est clair, net et sans équivoque : obtenir la levée pure et simple de la prescription pour ces crimes.

Qu’est-ce que la prescription et comment s’applique-t-elle ?

En droit français, la prescription est un mécanisme juridique qui fixe une date limite au-delà de laquelle une infraction ne peut plus faire l’objet de poursuites devant les tribunaux. Une fois ce délai dépassé, la justice se retrouve légalement les mains liées et ne peut plus être saisie, et ce, même si les faits criminels sont avérés, que la victime décide enfin de parler ou que de nouveaux éléments de preuve apparaissent.

Actuellement, la législation prévoit des délais spécifiques qui débutent à partir de la majorité de la victime :

  • Pour un viol ou des faits de proxénétisme commis sur mineur : Le délai de prescription est fixé à 30 ans à compter de la majorité.

  • Concrètement : Si une personne subit un viol à l’âge de 12 ans, elle dispose légalement jusqu’à ses 48 ans (18 ans + 30 ans) pour engager une action en justice. Passé cet âge, toute démarche judiciaire devient impossible.

Le temps des traumatismes n’est pas le temps de la justice

Pour l’Union des Femmes Réunionnaises, ces limites temporelles imposées par la loi sont en totale déconnexion avec la réalité psychologique vécue par les victimes de violences sexuelles. L’association rappelle que dans une immense majorité de situations, le silence n’est pas un choix, mais une conséquence directe du traumatisme.

Plusieurs mécanismes psychotraumatologiques majeurs peuvent paralyser une victime et retarder sa prise de parole pendant de nombreuses années, voire plusieurs décennies :

  • La sidération et la peur : Une paralysie de la capacité à réagir face à la violence de l’acte.

  • L’emprise : Le contrôle psychologique total exercé par l’agresseur sur sa victime.

  • La dissociation et l’amnésie traumatique : Des mécanismes de défense du cerveau qui occcultent ou détachent le souvenir de l’événement pour protéger l’individu, empêchant la conscience des faits pendant une longue période.

Une législation jugée insuffisante par les associations

Ces verrous juridiques de la prescription sont depuis toujours dénoncés par les associations féministes et de protection de l’enfance. Selon elles, maintenir une prescription pour le crime de viol revient à ignorer la complexité de la reconstruction des victimes et à offrir, à terme, une impunité légale aux agresseurs.

En lançant ce cri de ralliement en créole, « Lèv preskription la ! », l’Union des Femmes Réunionnaises appelle à une prise de conscience collective et législative pour que la justice puisse enfin être rendue, peu importe le moment où la victime trouve la force de parler.

Communiqué :

3 Commentaires

  1. Na un tas boug pou tombe dan filet. Pou la plupart lé connu na l’oseille et carrière lé mort ! Magine quand le boug lé jeune l’acte lé consenti demain le boug y « devient quelqu’un » célèbre pognon et tout le tralala, ce ti fanm, la besoin l’argent y reste à elle plus qu’à cueillir le fruit de son labeur. Y dit pas que y défende boug y abuse réellement fanm mais vu sous cet angle un acte sexuel plus de trente ans après ? Le boug na intérêt a pas être célèbre. Comment y connaît si l’acte la été consenti ou non ? Dan la foulée faut porte plainte et si lo boug lé pou rien li na un casier et demain li devient célèbre y ar pousse à li devant tribinal. Comment lo boug y en sorte à li ?

    • Toi, tu n’as pas la conscience tranquille toi, maintenant que tu es célèbre, tu as certainement peur que ton passé te rattrape.

      Si ton identité est dévoilé, tu cas payer cher, j’espère pour toi que tu n’as violé que des adultes, car si tu as aussi touché des enfants, il ne faut pas trop espérer la totale impunité tu n’es pas Depardieu ou Bruel.

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