Ce matin, le Jardin Botanique de Saint-Leu s’est transformé en une immense galerie d’art à ciel ouvert. De la maternelle à la 3ème, les élèves de Saint-Leu et de Trois-Bassins ont dévoilé le fruit de six mois de création avec l’artiste Isabelle Odon. Un vernissage mémorable entre haute couture végétale et performances scéniques.
Le projet Land Art 2026 a frappé fort pour cette édition intitulée « Bétamorphose ». Sous un soleil radieux, les allées de Mascarin ont vibré au rythme des talents réunis des collèges Marcel Goulette, Aimé Césaire, Les Aigrettes, Hégésippe Hoareau et des Deux Canons, aux côtés des écoles primaires et maternelles du secteur.

Un défilé de mode… et d’émotions
Le moment fort de la matinée ? La performance des collégiens. Loin d’une simple exposition statique, les élèves ont donné vie à leurs créations. Tandis que certains défilaient avec une assurance de mannequins pro dans des costumes aux teintes d’indigo et de bois de sappan, d’autres ont investi l’espace par le slam, le chant ou la danse.
De la 6ème SEGPA aux classes de 3ème, chaque jeune a trouvé sa place dans ce processus créatif hors norme.
« On peut voir que nos marmailles sont capables de produire des œuvres qui auraient leur place dans les plus grandes capitales du monde », glissait un professeur enthousiaste entre deux prestations.
L’expertise d’Isabelle Odon au service des écoles
Ancienne styliste pour les grandes maisons de luxe (Dior, Hermès), Isabelle Odon a transmis aux élèves sa passion pour l’art textile et les pigments naturels. Ensemble, ils ont métamorphosé des écorces d’acacia, des clous de girofle et des feuilles de palmier en véritables pièces d’exception.

Le fameux costume du Paille-en-queue (Phaéton), pièce maîtresse de l’artiste créée pour l’occasion, a servi de trait d’union entre la mythologie et la biodiversité réunionnaise, inspirant les élèves à se dépasser.
« On se sent fiers »
Sur place, l’émotion est palpable. Pour Nina, élève de 3ème au collège Aimé Césaire, l’appréhension a laissé place à la satisfaction :
« On était un peu stressés par la réaction des gens, mais les voir nous trouver beaux dans nos créations, c’est ça qui compte. »
Cette restitution prouve une chose : la relève artistique réunionnaise est là, spontanée et talentueuse. En connectant le patrimoine naturel (clous de girofle, feuilles de palmier) à la création textile, le projet Land Art 2026 réussit son pari : transformer notre environnement en une scène de haute couture à ciel ouvert.

Une exposition Bétamorphose à ne pas rater
Si vous avez manqué le vernissage et les performances ce matin, pas de panique : l’exposition des œuvres reste installée au Jardin Botanique jusqu’en juin.
« Au début, on ne voyait que de la matière brute. Aujourd’hui, c’est devenu un décor, un costume, une identité », résume l’artiste Isabelle Odon.

Une réussite totale pour les établissements de Saint-Leu et Trois-Bassins qui prouvent que la culture et la nature forment, ici, le plus beau des mariages.

















