À l’approche du premier tour des municipales, le candidat de l’Union pour la Réunion de Demain (URD), Louis Eddie Richard, tape du poing sur la table. Entre dénonciation d’un «clientélisme à bout de souffle » et « projets d’autonomie alimentaire», il entend incarner « la seule alternative crédible face aux candidats qu’il juge « tous liés, de près ou de loin, à la municipalité sortante. »
« Voter la rupture, c’est d’abord refuser le recyclage. » Le ton est donné.
Pour Louis Eddie Richard, la situation politique à Sainte-Suzanne frise le singulier. Sur les nombreuses listes en présence, le candidat pointe une anomalie : « la présence quasi systématique d’anciens adjoints ou d’élus de la majorité sortante sur les listes concurrentes qui, pourtant, affichent des slogans de changement comme Eddy Balbine, Alexandre Laï-Kane-Cheong, Daniel Alamelou, Eddie Adekalom, Max Rayepin, Ramata Touré. »

Pour Louis Eddie Richard, le mal de Sainte-Suzanne porte un nom : « le système ». Un système qu’il qualifie de « clientéliste », où les agents communaux verraient leur liberté de choix entravée et où les arrangements de « cuisine politique » l’emporteraient sur l’intérêt général.
« On ne peut pas prôner le changement en recyclant ceux qui ont construit le bilan actuel. Notre liste est composée de visages neufs, de citoyens qui n’ont jamais été impliqués dans cette gestion que nous combattons », martèle-t-il.
Au-delà de la critique, le candidat décline une vision qu’il veut « systémique ». Son cheval de bataille ? Le Projet Alimentaire Territorial (PAT). Loin d’être une simple mesure sociale, il s’agit d’une stratégie de santé publique et d’économie locale.
Cantine à 1 € et collation gratuite : Une mesure financée par « une gestion plus rigoureuse et des partenariats avec la CAF » (prestation d’aide à la restauration scolaire).
Régie communale agricole : Inspiré par le modèle de Mouans-Sartoux, le candidat souhaite que la ville produise elle-même ses légumes bio pour les écoles.
Soutien aux agriculteurs : Louis Eddie Richard « dénonce « le mépris actuel envers le monde agricole », citant des programmes d’action restés dans les tiroirs depuis 2016. Il propose notamment l’installation de retenues collinaires sur le foncier communal pour pallier le manque d’eau en maraîchage.
S’il est élu le 22 mars, Louis Eddie Richard promet « une onde de choc dès les premiers mois ». Ses cinq actions prioritaires pour les 100 premiers jours » incluent :
Un audit financier et RH complet : « Pour débusquer les cadavres planqués », affirme-t-il, citant des exemples de surfacturations présumées sur des chantiers communaux (un préau évalué à 150 000 € qui en aurait coûté 450 000 €).
La labellisation du PAT : Pour débloquer des fonds d’État et lancer la cantine à 1 €.
L’engagement « Territoire Zéro Chômeur » : Un dispositif national permettant de créer des emplois en CDI (Entreprises à But d’Emploi) financés majoritairement par l’État pour les chômeurs de longue durée.
Le retour de la proximité : Nomination d’élus de référence dans chaque quartier, là où les habitants se sentent aujourd’hui abandonnés dans « le noir ».
Une cellule projet : Pour accompagner les associations dans la recherche de subventions et d’appels à projets, afin qu’elles ne dépendent plus uniquement du bon vouloir de la mairie.
En fin de conférence, le candidat n’a pas caché son émotion, se décrivant comme un « enfant de Sainte-Suzanne en colère ». Évoquant ses racines familiales profondes dans la commune (remontant à 1719), il fustige ceux qui dirigent la ville sans y vivre.
« Je maîtrise mes dossiers, je ne suis pas dans le déclaratif vide », a-t-il conclu, donnant rendez-vous ce soir à ses partisans pour un meeting où il promet de « dire les choses » sans filtre.
















