Le rendez-vous était solennel ce mercredi 11 mars 2026 à Champ Fleuri. Sous un ciel lourd de symboles, La Réunion s’est recueillie pour la Journée nationale d’hommage aux victimes du terrorisme. Sur le Parvis des Droits de l’Homme, officiels, citoyens et surtout une jeunesse très présente se sont réunis pour dire « non » à l’oubli.
C’est Daniel Minienpoullé, président du Groupe de dialogue inter-religieux, qui a ouvert la cérémonie. Son discours, empreint de sagesse, a rappelé que cette date fait écho au 11 mars 2004, jour des attentats de la gare d’Atocha en Espagne. Pour lui, face à un monde où « la force prime parfois sur la raison », l’île de La Réunion fait figure d’exception et de laboratoire.
« Notre insularité nous a permis de bâtir ce vivre-ensemble, notre seule arme contre l’obscurantisme », a-t-il affirmé avec conviction.

Le moment le plus émouvant de la matinée est venu des rangs du collège Adrien Cerneau de Sainte-Marie. Les élèves de la classe de Défense ont entonné avec force l’hymne national, avant de s’avancer un à un pour déposer une rose blanche au pied du monument. Un geste de pureté qui précédait le dépôt de gerbes des autorités.


Vincent Bernard-Lafoucrière, sous-préfet de La Réunion et directeur de cabinet, a d’ailleurs salué cet engagement des jeunes. Pour le représentant de l’État, la mémoire n’est pas qu’un regard vers le passé, c’est une transmission active :
« Comprendre ce que la République défend fait pleinement partie de la formation de tout citoyen. »

Parmi la foule, le témoignage de Lisa a rappelé la cruauté de la réalité. Victime de l’attentat de Nice en 2016, elle a perdu son entraîneur de l’époque, son « papa de cœur ». Dix ans après le drame, sa présence à cette cérémonie témoigne d’une résilience courageuse.
« On ne peut pas oublier », confie-t-elle, alors qu’elle s’apprête à retourner sur la Promenade des Anglais pour la première fois cette année.
Après une minute de silence saisissante, la cérémonie s’est achevée par un moment de partage authentique. Le traditionnel salut aux porte-drapeaux a vu les anciens combattants échanger de chaleureuses poignées de mains avec les collégiens et les dignitaires religieux. Un contact direct, simple et nécessaire, prouvant que la transmission de la mémoire est avant tout une affaire d’hommes et de femmes debout.

















