Point de situation – 15 mars 2026
Dans l’Atlantique Sud, la tension reste forte pour le Class40 Free Dom, engagé dans la 5ᵉ étape de la Globe40 entre Valparaíso et Recife. À environ quatre jours des côtes brésiliennes, l’équipage formé par Thibaut Lefévère et Maxime Bourcier continue de naviguer dans une zone météo instable où chaque option stratégique peut rebattre les cartes.
Une stratégie centrale face aux routages
Vendredi, le bateau pointait à la position 19°20.074 S / 034°08.051 W. Depuis plusieurs jours, les marins doivent composer avec des routages météo contradictoires.
Dans leur débrief envoyé depuis le bord, ils expliquent avoir choisi une position centrale dans la flotte, afin de conserver de la liberté tactique.
« Voilà deux jours qu’on joue avec les routages. Une fois ils nous font partir à gauche, une fois à droite. On garde une position assez centrale pour nous permettre d’aller dans l’une des directions lorsque les routages se seront mis d’accord. »
En fin de journée, les marins ont observé l’arrivée d’une barre nuageuse de transition, annonçant un changement de système météo.
« À dieu le portant, bonjour le près… »
Une nuit difficile dans une bulle de vent
La nuit qui a suivi s’est révélée particulièrement éprouvante. Le bateau s’est retrouvé piégé dans une zone de molle, obligeant l’équipage à rester sur le pont pendant plusieurs heures pour tenter de retrouver du vent.
« La nuit dernière a été extrêmement éprouvante. Notre choix de rester au centre nous a conduits dans une bulle d’air. On est restés sur le pont à chercher le vent, à tenter de s’échapper en prenant la barre. La bagarre avec la molle a duré au moins quatre heures. »
Après cette lutte nocturne, un léger flux de nord-ouest a finalement permis au bateau de repartir.
La fatigue commence à se faire sentir à bord :
« Avec Max, on a des poches sous les yeux. La nuit fut courte et la journée qui suit sera chaude. Difficile de dormir avec cette chaleur. »
Une nouvelle régate vers Recife
Malgré la fatigue, l’équipage reste pleinement mobilisé. À quelques jours de l’arrivée de cette étape, la flotte se resserre et une véritable régate océanique se met en place avec les autres Class40, notamment Wilson et Whiskey Jack.
Dans un message audio transmis le 15 mars (annexé à cet article), l’équipage explique que le vent reste encore défavorable mais que la situation pourrait évoluer.
PODCAST :
« On essaie de glisser au mieux. Le vent joue encore contre nous, mais on s’adapte et on se recale par rapport à la flotte. »
Le vent, actuellement orienté entre 300 et 310 degrés, devrait tourner dans la nuit, ouvrant la possibilité de remonter de travers vers le Brésil.
« La bataille n’est pas finie. On espère garder la tête le plus longtemps possible. »
Entre performance et beauté du large
Malgré l’intensité de la course et les longues heures passées à régler les voiles et surveiller les évolutions météo, l’équipage continue de profiter des paysages uniques du large.
« On a des lumières incroyables le matin à l’aube et au crépuscule le soir. C’est absolument splendide. »
Une courte vidéo embarquée, également jointe à cet article, illustre ces moments de glisse au large avec un simple commentaire venu du pont :
« Ça glisse !… C’est chaud ! »
Une étape décisive de la Globe40
Cette traversée entre le Chili et le Brésil constitue l’une des étapes stratégiques de la Globe40, la course autour du monde en Class40 disputée en double. À quelques jours de Recife, la tension reste maximale.
Dans cet Atlantique Sud capricieux, chaque bascule de vent peut encore redistribuer les positions.
Pour l’équipage de Free Dom, une chose est certaine :
« Il ne faut rien lâcher. »














