L’éruption du Piton de la Fournaise, débutée le 13 février 2026, se poursuit sur le flanc sud-sud-est du volcan, mais les dernières observations du 23 mars indiquent une évolution notable de son intensité. Si l’activité reste soutenue, plusieurs indicateurs récents suggèrent un ralentissement progressif du système éruptif, sous étroite surveillance des scientifiques de l’Observatoire volcanologique (OVPF-IPGP).
Au niveau du site éruptif, la lave demeure très active avec un niveau toujours élevé dans le cône, marqué par des remous constants et des débordements fréquents liés à la remontée de gaz. Cependant, sur les dernières 24 heures, la dynamique des coulées s’est simplifiée : seul le bras sud reste actif dans les Grandes Pentes, tandis que les bras nord sont désormais figés, signe d’une alimentation plus ciblée et possiblement en diminution.
En aval, l’activité se concentre désormais principalement dans des tunnels de lave bien développés. La lave ne réapparaît qu’au point de contact avec l’océan, où elle continue d’alimenter une plateforme en formation. Cette dernière reste fragile : de petits effondrements ont été observés récemment sous l’effet des vagues, illustrant une instabilité persistante dans cette zone littorale particulièrement dangereuse.
Les données instrumentales confirment cette phase d’évolution. La sismicité demeure élevée avec 133 séismes enregistrés le 22 mars, traduisant une activité interne encore significative. Néanmoins, la déflation du volcan, observée ces dernières semaines, semble désormais s’être arrêtée, un changement qui pourrait indiquer une modification de la dynamique du réservoir magmatique, bien que ce point reste à confirmer dans les jours à venir. Par ailleurs, le trémor volcanique, indicateur de l’émission de lave et de gaz, s’est stabilisé depuis le 22 mars en fin de journée.
Autre élément marquant des dernières observations : les débits de lave sont en baisse, estimés à environ 13 m³ par seconde sur les dernières 24 heures. Cette diminution, combinée à la stabilisation du trémor et à l’arrêt apparent de la déflation, suggère un ralentissement relatif de l’éruption, sans pour autant annoncer sa fin à court terme.
Malgré ces évolutions, l’éruption reste active et les risques demeurent élevés, notamment en bordure de la plateforme littorale où des effondrements ou des explosions peuvent survenir. Les autorités maintiennent ainsi le niveau d’alerte à 2.2, appelant à la prudence face à un phénomène toujours imprévisible.















