Le débat sur la gestion du risque requin à La Réunion est loin d’être refermé. Plusieurs associations de protection de l’environnement viennent de hausser le ton après plusieurs semaines d’attente restées sans réponse de la part des services de l’État.
Réunies au sein du collectif « Requins en Danger à La Réunion », les associations VAGUES, Longitude 181, Sea Shepherd, Vie Océane et Le Taille-Vent affirment avoir sollicité dès le mois de mars une rencontre officielle avec le préfet de La Réunion afin d’engager une médiation autour des opérations de prélèvement de requins menées dans les eaux réunionnaises.
Selon le collectif, cette demande n’aurait reçu aucune réponse malgré plusieurs relances. Une situation que les représentants associatifs interprètent comme une fermeture du dialogue sur un sujet pourtant sensible, mêlant sécurité des usagers de la mer, protection de la biodiversité et gestion des espèces marines.
Une opposition qui dure depuis plus d’une décennie
Depuis la mise en place des programmes de pêche ciblant principalement les requins tigres et bouledogues, les positions restent profondément divergentes entre les défenseurs de ces dispositifs et les associations environnementales.
Pour les autorités et une partie des acteurs du littoral, ces opérations s’inscrivent dans une stratégie globale de réduction du risque requin après plusieurs attaques qui ont profondément marqué la société réunionnaise.
À l’inverse, les associations écologistes estiment que ces prélèvements ne constituent pas une solution durable et dénoncent depuis plusieurs années leur impact sur les écosystèmes marins.
Le collectif rappelle que les opérations de capture et d’abattage se poursuivent depuis 2014 et considère qu’un véritable débat public sur leur efficacité et leurs conséquences environnementales n’a jamais pu avoir lieu dans des conditions sereines.
Un appel au dialogue resté sans suite
Les associations expliquent avoir souhaité ouvrir une phase de médiation permettant aux différentes parties d’exposer leurs arguments et leurs propositions.
Leur objectif affiché était d’aborder sans tabou l’ensemble des enjeux liés à la crise requin : sécurité des activités nautiques, protection des espèces, impact écologique, coûts des dispositifs mis en œuvre et perspectives d’avenir.
Faute de réponse, le collectif considère aujourd’hui que cette tentative de dialogue a échoué avant même d’avoir commencé.
Dans leur prise de position, les représentants des associations regrettent ce qu’ils qualifient de manque de considération envers les acteurs de la société civile engagés dans la défense de l’environnement.
Retour devant les tribunaux
Face à cette situation, les associations annoncent leur intention de poursuivre leur mobilisation sur le terrain judiciaire.
Le collectif affirme être prêt à engager de nouvelles procédures afin de contester certaines décisions liées à la gestion du risque requin à La Réunion.
Pour ses membres, le combat dépasse la seule question des requins. Ils estiment défendre plus largement la préservation de la biodiversité marine, la protection des océans et la transmission d’un patrimoine naturel aux générations futures.
Un débat toujours aussi sensible à La Réunion
Douze ans après le lancement des premières campagnes de prélèvement, la question du risque requin continue de diviser profondément l’opinion publique réunionnaise.
Entre impératif de sécurité pour les usagers du littoral et préservation d’espèces emblématiques des écosystèmes marins, les positions demeurent souvent irréconciliables.
L’absence de dialogue dénoncée par les associations risque désormais de prolonger un conflit déjà ancien, alors que chacun reconnaît la nécessité de trouver un équilibre entre protection des personnes et respect de l’environnement.
Une chose est certaine : le dossier requin reste l’un des sujets les plus sensibles et les plus débattus de La Réunion, où sécurité, science, écologie et émotion continuent de s’entremêler.













