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Sans-Souci : des larmes de joie et un toit pour 47 familles des résidences Amédée et Kapok à Saint-Paul (Photos)

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Un soleil de plomb, mais surtout des larmes de joie. Ce mardi 16 juin 2026, l’ambiance était chargée d’une immense émotion à Sans-Souci. Dès leur arrivée, les futurs résidents ont été accueillis chaleureusement par les équipes de la SEMADER autour d’un bon « ti déj » convivial, histoire de détendre l’atmosphère avant le grand moment. Après des années d’attente, parfois jusqu’à huit ans pour certains, les familles ont enfin récupéré les clés de leur nouveau chez-soi. La livraison simultanée des résidences Amédée et Kapok marque un tournant historique pour ce quartier des hauts de Saint-Paul, transformant l’angoisse de l’attente en un soulagement palpable.

« Loger sans déraciner »

Pour le maire de Saint-Paul, Emmanuel Séraphin, cette double opération à plus de 8 millions d’euros représente bien plus que de la simple construction. C’est une réponse directe au défi majeur de La Réunion :

« Loger sans déraciner. Permettre à chacun d’avoir sa place dans sa ville », a martelé celui qui le représentait, saluant au passage le travail de la SEMADER, de l’État, d’Action Logement et de la Banque des Territoires.

Le pari de la municipalité est clair : équilibrer le territoire en investissant massivement dans les hauts, et non plus seulement sur le littoral. Un pari réussi au vu des profils des bénéficiaires : 80 % des locataires d’Amédée et 100 % de ceux de Kapok sont originaires de Saint-Paul. Au total, ce sont 47 familles qui sortent de la précarité ou de l’insalubrité. Parmi elles, un couple victime d’un incendie en début d’année retrouve un toit dans son bassin de vie, et un enfant en situation de handicap bénéficie enfin d’un cadre sécurisé.

Du sur-mesure architectural, du T1 à la villa

Sur le terrain, Nicolas Molac, coordinateur du chantier pour Atelier Architectes et Ingénieurs, détaille des structures pensées pour le bien-être et le climat local. Côté Kapok, 13 Logements Locatifs Sociaux (LLS) se déclinent en maisons individuelles du T3 au T4, dotées de jardins privatifs à l’arrière et d’espaces verts à l’avant. Côté Amédée, le collectif propose 34 Logements Locatifs Très Sociaux (LLTS) du T1 au T5, répartis du rez-de-chaussée au R+3, la plupart équipés de varangles et de celliers.

La grande force du projet réside dans son respect strict de la RTA DOM (réglementation thermique). Finie la climatisation énergivore : les logements ont été conçus avec une forte porosité et des ouvertures traversantes pour maximiser la ventilation naturelle et chasser l’humidité. Innovation très appréciée des locataires : la présence d’une double porte (une porte palière pleine doublée d’une porte barodée sécurisée à clé), permettant de faire respirer la maison toute la journée en toute sécurité.

Un accompagnement clé en main pour les locataires

Parce qu’un déménagement ne s’arrête pas à la remise des clés, plusieurs stands attendaient les familles au cœur de la résidence pour faciliter leur installation. Johan Olivard, chargé de l’animation territoriale, et les équipes municipales étaient sur place pour guider bénévolement les nouveaux arrivants sur les questions d’assurance et d’entretien.

L’opérateur La Créole était également mobilisé pour gérer immédiatement les abonnements d’eau potable et éviter les mauvaises surprises.

« On les accompagne pour faire leur demande d’abonnement, on les sensibilise aux risques de fuites et on leur rappelle surtout de résilier leur ancien contrat. S’ils restent sur le compteur général de chantier et qu’on retire le bypass, ils peuvent se retrouver sans eau le week-end », explique une agente sur le terrain.

En reliant ainsi le logement, l’emploi (les résidents se rapprochant de zones économiques comme Cambaie ou Le Port) et l’humain, Saint-Paul prouve que l’aménagement des hauts avance à grands pas. À Sans-Souci, une nouvelle page de vie commence aujourd’hui pour 47 familles.

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