Après près de trente heures de navigation entre Cherbourg-en-Cotentin et Saint-Malo, l’équipage La Réunion termine 6e de la première étape offshore du Tour Voile 2026.
Un classement qui laisse un léger goût d’inachevé aux marins réunionnais, après avoir réalisé une course plutôt positive au sein d’une flotte au niveau particulièrement relevé.
À bord du Figaro 3, Léo Jean-Albert (barreur), Lorenzo Palazzi (n°1), Jules Delpech (régleur, stratégiste et tacticien) et Eve Durbant (floater) ont disputé un parcours de 217 milles nautiques entre Cherbourg-en-Cotentin et Saint-Malo, via Needles Fairway, au large de l’île de Wight.
Initialement prévue sur 226 milles, l’étape a été légèrement raccourcie afin de permettre à l’ensemble de la flotte de rejoindre Saint-Malo dans les délais, dans des vents soutenus atteignant par moments 25 à 30 nœuds.
Si les premières heures ont été particulièrement engagées, le vent a progressivement faibli à l’approche des côtes bretonnes, laissant toute son importance aux courants de marée et aux choix tactiques.
Dans une flotte de neuf Figaro Beneteau 3 restée longtemps très compacte, quelques décisions prises au bon moment ont suffi à créer les premiers écarts.

Jules Delpech : « On s’est bien amusés sur cette course »
À l’arrivée, Jules Delpech retient avant tout la qualité de cette première étape.
« C’était chouette, on a eu de bonnes conditions. Pas de mer, on a eu du vent jusqu’à la fin. Il y avait un risque d’avoir de la pétole et finalement on a eu de l’air jusqu’au bout.
C’étaient des conditions vraiment agréables. Un parcours hyper sympa, intéressant, stratégique, pas facile. Il y a eu un bon petit match entre les bateaux. Le niveau était assez serré et on s’est bien amusés sur cette course. »
Le régleur et stratégiste reste toutefois lucide sur le résultat :
« Sixième, ce n’est plutôt pas un très bon résultat parce qu’on n’a quand même pas si mal navigué que ça.
On a fait quelques erreurs et il y a eu quelques moments où on n’a pas été rapides, mais on a quand même fait une navigation relativement propre et maîtrisée.
L’impression globale de la course est bonne. On avait plutôt de la vitesse en règle générale. Je suis un peu déçu du résultat. On a manqué quelques coups qui nous ont coûté un peu cher. »
Il revient notamment sur deux moments clés.
« Au départ, on a pris un super bon départ dans la rade de Cherbourg. Puis il y a eu un petit coup qui s’est joué le long de la digue, avec une veine de courant qu’on n’a pas vue venir. D’autres bateaux sont allés la chercher et sont ressortis devant.
Cette nuit, on a tardé un peu à envoyer le Gennaker. On est restés un peu trop conservateurs sur notre trajectoire alors qu’il fallait vraiment accélérer et s’écarter de la route. Les bateaux de devant ont réussi à toucher le courant et à prendre une trajectoire plus favorable. »

Eve Durbant : « La flotte est restée très groupée »
Après près de trente heures de course, Eve Durbant mesure l’intensité de cette première étape.
« Je me sens lessivée parce qu’on a fait une trentaine d’heures de course »
Elle souligne surtout la densité du plateau.
« On a pris un départ pas trop mal. Le niveau est plus élevé que les années précédentes.
La flotte est restée tout de même assez groupée, jusqu’à l’arrivée au Raz Blanchard. Ensuite, le vent est tombé et chacun a pris des décisions différentes.
Les premiers, Paprec by Normandy Inshore Program, ont choisi de passer à l’extérieur des îles anglo-normandes. Ils ont fait la différence et sont passés devant tous les bateaux. De notre côté, c’était une belle bataille tout le long. »
Concernant le résultat, Eve garde une analyse mesurée.
« Sixième, ça laisse toujours une impression de « peut mieux faire ». Mais la concurrence est rude cette année, donc c’est tout à fait honorable. »
Lorenzo Palazzi : « On a joué tout du long »
Pour Lorenzo Palazzi, n°1 cette première étape était avant tout l’occasion de se mettre en jambe pour la suite de la compétition.
« On a eu de belles conditions où on a pu jouer tout du long dans une flotte groupée, avec un vent agréable.
Léo Jean Albert : « La sixième place ne reflète pas vraiment ce qu’on a réellement fait en course »
À la barre, Léo Jean-Albert préfère retenir le contenu de la navigation.
« C’était plutôt sympa. Les conditions étaient plutôt tranquilles par rapport à ce qu’on peut trouver en Manche. À la barre, c’était assez intéressant »
Le barreur estime que le classement ne reflète pas totalement la course réalisée.
« La sixième place ne montre pas vraiment ce qu’on a fait. On a plutôt bien navigué. On a eu beaucoup de moments où on avait une bonne vitesse.
Il y a eu quelques petits manqués au niveau de la stratégie, on n’était pas forcément aux bons endroits aux bons moments, mais sinon, dans l’ensemble, on fait une navigation plutôt propre pour la Manche.
Le niveau est assez relevé, donc les erreurs coûtent vite cher. Sixième, ça ne fait pas rêver, mais je n’ai pas forcément de ressenti négatif parce qu’on a bien navigué. Il reste des subtilités sur le courant qu’on n’a pas totalement saisies. C’est un point qui peut être retravaillé. »
Si la sixième place leur laisse un goût d’inachevé, les marins réunionnais retiennent de nombreux enseignements de cette première étape offshore.
Crédit photos :Jean Marie LIOT













