Actu Monde Agricole 974 appelle à la mise en place des États généraux du monde agricole réunionnais

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« Pour l’émergence d’un monde agricole réunionnais solidaire et structuré »

Filière canne : un tournant qui appelle à une réponse collective

Les éléments récents concernant la stratégie du groupe Tereos à La Réunion confirment l’entrée de la filière canne dans une phase de transformation profonde.

L’ouverture du capital, la recherche de nouveaux partenaires, ainsi que l’intérêt manifesté par des acteurs privés traduisent une évolution structurelle du modèle historique.

Dans un contexte de fragilité économique, ces évolutions ne sont ni inattendues ni illégitimes. L’apport de capitaux, de compétences et de nouvelles approches peut constituer un levier de consolidation pour des outils industriels essentiels au territoire. Cependant, cette dynamique soulève une question fondamentale : Quelle place pour les agriculteurs réunionnais dans le modèle qui se dessine ?

Une mutation nécessaire, mais un manque de cohésion préoccupant

Au-delà des enjeux économiques, la situation actuelle met en lumière une difficulté persistante : celle de construire une vision commune à l’échelle du territoire.

Refus d’ouvrir certaines discussions, blocages autour de propositions alternatives, tensions entre acteurs : ces éléments illustrent une réalité préoccupante. L’incapacité à instaurer un dialogue structuré et apaisé fragilise l’ensemble de la filière.

Les initiatives visant à faire évoluer les modèles, en intégrant davantage d’agilité, de transversalité et une part d’esprit entrepreneurial, doivent pouvoir être examinées avec objectivité, dans un cadre ouvert et constructif.

Renforcer l’investissement local : un enjeu de souveraineté

La recomposition en cours pose également la question centrale de la place du capital local. La recherche de nouveaux partenaires ne doit pas conduire à une dilution progressive des intérêts du territoire. Ces dernières années, plusieurs secteurs stratégiques ont vu l’entrée croissante d’investisseurs extérieurs (notamment Mauriciens), dans la grande distribution ou les brasseries.

Ces évolutions traduisent une réalité : lorsque nos outils économiques sont fragilisés, ils deviennent naturellement attractifs pour des capitaux extérieurs. Elles posent dès lors une question de fond : qui détient, qui décide, et au service de quel territoire ?

Il apparaît aujourd’hui indispensable d’encourager et de structurer davantage l’investissement local. Les Réunionnais, agriculteurs, entrepreneurs, coopératives, institutions doivent pouvoir prendre pleinement part aux recompositions en cours.

Non dans une logique de fermeture, mais dans une volonté claire de préserver la maîtrise de nos filières stratégiques et de nos outils économiques.

Ne pas subir les transformations, mais les construire

Il serait incohérent de regretter un manque d’autonomie, de structuration ou de performance, tout en refusant les évolutions nécessaires pour y répondre.

L’agriculture réunionnaise ne peut plus se contenter de subir les mutations en cours. Elle doit se donner les moyens de les anticiper et de les structurer.

Cela suppose une capacité à dépasser les logiques de confrontation, à renforcer les coopérations entre acteurs et à repenser les outils de gouvernance et de financement à l’échelle du territoire.

Vers des États généraux du monde agricole réunionnais

La réflexion ne peut se limiter à une seule filière. Les enjeux sont transversaux et les interdépendances nombreuses. C’est pourquoi Actu Monde Agricole 974 appelle à la mise en place d’États généraux du monde agricole réunionnais, réunissant l’ensemble des parties prenantes :

  • agriculteurs et éleveurs,
  • coopératives et structures économiques,
  • salariés de la filière,
  • institutions publiques,
  • acteurs privés et partenaires financiers.

Sans exclusion, dans un cadre structuré et apaisé, avec pour objectif de définir une vision commune et durable pour l’agriculture réunionnaise.

Un appel à la responsabilité collective

L’heure est à la responsabilité et à la lucidité.

La filière canne, pilier historique du territoire, ne peut être fragilisée davantage par des divisions internes. Les enjeux actuels dépassent les intérêts particuliers et appellent à une approche collective.

Ce qui se joue aujourd’hui concerne l’avenir de l’agriculture réunionnaise dans son ensemble, sa capacité à se structurer, à rester compétitive et à préserver sa souveraineté économique.

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

4 Commentaires

  1. Préfet, Région, Département, Chambres consulaires doivent jouer le jeu ! D’ailleurs TerraCoop et Sicalait militent également pour la même chose ! Il faut favoriser le dialogue, la concertation et mettre fin aux guerres de clochers, le consommateurs restera le grand perdant.

  2. Quand je vois comment Henri Lebon fait de la politique dans le dossier Urcoopa X TerraCoop, j’ai hélas du mal à croire qu’il est possible de construire avec un monsieur comme ça. Il faut d’abord mettre fin aux petits baron.

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