Aurélie Lebargy est directrice générale de Terracoop, qui a été exclue, ce lundi 4 mai, de l’Urcoopa lors de l’assemblée générale. Elle répond à nos questions. Selon elle, “ La soif de pouvoir d’un seul homme risque de mettre fin à notre modèle coopératif et peut-être à l’Urcoopa elle-même”. Aurélie Lebargy (à droite sur la photo de Une en compagnie de Florent Malet, administrateur de Terracoop) dénonce « une décision unilatérale et une concentration du pouvoir préoccupante ». L’organisation affirme vouloir rebondir et défendre les éleveurs dans un contexte de souveraineté alimentaire.
Terracoop a été exclue ce 4 mai de l’Urcoopa. Cette issue semblait prévisible non ?
« Lors de cette A.G du 4 mai, Henri Lebon a confirmé l’exclusion qu’il appelait de ses vœux pour nous sanctionner d’avoir osé proposer une autre solution de redressement de SOFICOOP que la sienne, alors que notre proposition de redressement alternative est non seulement permise, mais également encouragée par la loi. La chronologie le démontre : le 13 février nous déposons un plan de redressement alternatif. Dix jours plus tard, il convoque une AG pour le 20 mars afin de nous exclure du conseil d’administration de l’Urcoopa et pour tenir le même jour un CA visant à notre exclusion de l’union.
Le 20 mars nous acceptons de suspendre notre plan pour discuter de l’élaboration d’un plan commun. Mr Lebon a refusé ensuite d’entrer en négociations car nous refusions de retirer avant tout accord notre plan. Nous voulions négocier de bonne foi, il voulait nous voir capituler. Dans ces conditions nous avons révélé la teneur du CA tenue le 20 mars et par lequel Mr. Lebon était révoqué.
Les effets de ce conseil n’ont-ils pas été suspendus par la décision du 7 avril ?
En effet, mais sous couvert que le juge du fond tranche. Mr. Lebon profite aujourd’hui de la validation “provisoire” de sa présidence, pour prendre des décisions irréversibles et nous exclure. Une coopérative devrait respecter le pluralisme. Mais la réalité est que Mr.Lebon est un autocrate qui ne supporte pas les avis contraires. Il gouverne par la menace et la terreur. Tout avis contraire est immédiatement sanctionné. Notre exclusion est l’illustration ultime de ses méthodes. Donc non, ce n’est pas une surprise. De la même manière que l’on n’est pas surpris qu’une guêpe pique, on n’est pas surpris de l’autoritarisme d’un autocrate. Le caractère dictatorial de sa présidence est même la source du conflit. Le bon côté de cette situation est que personne désormais au sein de la filière ou des pouvoirs publics, ne pourra ignorer l’autoritarisme de cet homme.
Quel est votre état d’esprit aujourd’hui ?
Nous souhaitions organiser des Etats Généraux de la filière agricole avec l’appui des pouvoirs publics. Nous ne pouvons donc que regretter le refus de dialoguer. Par ailleurs, cette décision est doublement illégitime et illégale : Un président confirmé “provisoirement” à ses fonctions ne peut prendre des décisions définitives, c’est pourtant ce qu’il fait. Il remplace donc l’état de droit par l’état de fait ; Cette décision constitue une prise de contrôle de l’Urcoopa par la CPPR (Mr. Lebon étant membre et représentant de CPPR).
Cette prise de contrôle est-elle légale, selon vous ?
Elle s’apparente – juridiquement – à une « opération de concentration ». Elle aurait dû être notifiée pour approbation préalable par l’Autorité de la Concurrence. Cette prise de contrôle est donc illicite. La loi prévoit d’ailleurs que toute opération de concentration réalisée sans notification préalable expose son auteur – la CPPR – à une amende pouvant aller jusqu’à 25 % de son chiffre d’affaires.
L’Urcoopa va se retrouver en situation de monopole sur le marché, y’a-t-il, selon vous, un danger pour les acteurs de la filière?
Nous sommes très inquiets du pouvoir sans partage qu’un acteur autoritaire peut faire d’un monopole. Alors que Terracoop se posait en contre-pouvoir, les prix de l’Urcoopa ont augmenté de 12 % quand les prix des matières premières baissaient de 12 %. Que se passera t’il en l’absence de contre-pouvoir ?
Nous allons donc continuer à nous battre pour la filière, pour restaurer la concurrence à La Réunion et pour préserver Terracoop et ses 300 emplois, Mr. Lebon n’ayant pas fait mystère de sa volonté de nous détruire.
Vous reprochez également à la gouvernance actuelle des pratiques limites” ?
Oui. Outre refus de tout dialogue, on ne compte plus les menaces portées vers toute personne ayant un avis dissident qui se traduisent par des licenciements, un refus d’approvisionnement, des pratiques discriminatoires et aujourd’hui, nous concernant, l’exclusion du membre fondateur détenant la plus grande part du capital de l’Urcoopa, soit 1/3).L’idéal coopératif, qui est de réaliser une union au service de tous ses membres, est bafouée. La parole doit être libre dans l’objectif d’aboutir à des décisions pleinement concertées et consensuelles. Avec l’exclusion de Terracoop ça ne pourra plus jamais être le cas. Vous savez, j’ai été la directrice financière d’une société américaine. Et bien je peux vous dire que même au sein d’une entreprise capitaliste gouvernée uniquement par le profit, la parole reste infiniment plus libre qu’avec Mr Lebon….
Vous dites que la situation est « préoccupante »?
Oui, elle est extrêmement préoccupante d’abord en terme de gouvernance. Mr Lebon et la CPPR détiennent désormais un contrôle sans partage de l’Urcoopa. En effet, le CA vote à la majorité. Il a 4 administrateurs (CPPR, Proval, Cane & Sica Lait) et donc 4 voix. Les deux premiers nommés et Cane (qui est sous la dépendance économique d’Urcoopa) votent ensemble. Seule la Sica Lait peut exprimer des positions dissidentes. Cela fait donc 3 voix contre 1.
Par ailleurs, Mr. Lebon détient, es-qualités de président, une voix prépondérante en cas de partage. Ainsi, même si Sica Lait et Cane devaient voter ensemble, Mr. Lebon détient le pouvoir d’imposer un vote conforme à celui de CPPR et de Proval. Le pouvoir est donc absolu, sans aucun contre-pouvoir intérieur. Et sans aucune concurrence à l’extérieur, l’Urcoopa est en mesure de faire un usage totalement abusif de son monopole. Je rappelle que les prix ont augmenté de 12 % alors que les matières premières baissent de 22 % sur la même période !

Quel sera l’impact en termes d’approvisionnement pour les éleveurs de Terracoop ?
D’abord il y a le droit : le Tribunal des Activités Economiques de Paris (seul compétent sur ces matières) a imposé à l’Urcoopa de nous livrer aux mêmes conditions qu’à l’heure actuelle. Cependant, Mr. Lebon nous a déjà fait savoir qu’il ne respecterait pas cette décision. Il entend supprimer nos ristournes pour nous contraindre à augmenter nos prix de vente. L’objectif est machiavélique : amener les éleveurs que nous approvisionnons (80 % des effectifs) à se détourner de Terracoop pour s’approvisionner directement auprès d’Urcoopa ou de ses affidés. Et nous pousser ainsi à la faillite.
Cette attitude est non seulement une violation délibérée de la décision du Tribunal de Paris, mais c’est aussi un abus de position dominante caractérisé. Au sein de la filière coopérative agricole, Mr.Henri Lebon décide désormais qui doit vivre où mourir.
Fragiliser Terracoop, c’est aussi “fragiliser l’ensemble de la filière”, avez-vous confié ?
La question dépasse effectivement Terracoop. Un acteur en situation de monopole sans aucun contre-pouvoir peut imposer toutes les décisions qu’il souhaite, même les plus abusives. Tous les acteurs devant faire du commerce avec l’Urcoopa sont concernés. « Vous refusez mes conditions commerciales ? Je coupe vos approvisionnements » ; « Votre activité fait concurrence à CPPR ou tout simplement ne nous plait pas ? Je coupe vos approvisionnements ou vous impose des conditions intenables », etc..
Mr. Lebon vient d’exclure Terracoop qui détient la part de capital la plus importante de l’Urcoopa et qui représente 80 % des éleveurs. Comment peut-on imaginer une seule seconde qu’il se comportera avec bienveillance avec des acteurs moins forts ?
La coopération se retrouve plus divisée et mourante que jamais. La soif de pouvoir d’un seul homme risque de mettre fin à notre modèle coopératif local et, sous l’effet domino, peut-être à l’Urcoopa elle-même.
Quelles sont les prochaines étapes pour Terracoop ?
Nous représentons désormais la résistance face à un oppresseur économique en puissance. Nous prendrons nos responsabilités. Nous ne serons pas les victimes désignées et résignées de M.Lebon. Nous allons faire respecter le droit.
Nous appelons tous celles et ceux refusant la domination de l’Urcoopa à venir nous rejoindre pour dire non au monopole,et oui à la concurrence, oui à la coopération. Oui à La Réunion du Vivre et du Faire ansanm ! “.















Vous êtes les seuls responsables de cette décision. Vous accusez Urcoopa de renier l’esprit coopératif mais vous faites exactement la même chose avec votre fameux plan concurrent…
Plan destiné à mettre la main sur les outils coopératifs, appartenant en partie a vos propres adhérents, dans le but de les céder à partenaires privés.
Prenez vos responsabilités et démissionnez de vos mandats.
Administrateurs, président et directrice… Vous êtes les seuls coupables de l’histoire.
Incroyable cette façon de vous victimiser.
N’avez-vous pas utilisé, vous aussi à une certaine époque des méthodes similaires pour freiner le développement économique de magasins indépendants (n’appartenant pas à aucune structure coopérative) proches de vos points de vente.
Qui sème le vent récolte la tempête !!!
Florent ne lâche rien, tu as une bonne direction. Henri Lebon frise le ridicule et cette histoire va pénaliser Urcoopa et les réunionnais, ce monsieur devra rendre des comptes aux réunionnais
Mais que fait l’Etat, monsieur le Préfet ?
Nous représentons désormais la résistance face à un oppresseur économique en puissance.
Lebon démission ! Vous pouvez rappeler combien le monsieur touche en tant que président ? Et son directeur ? Enquêtez svp
Henri Lebon n’en a rien à faire de la filière et des consommateur ! D’émission !
Henri Lebon en a rien à faire des consommateurs et de la
filière ! Démission !