Paludisme : 63 cas importés en un an à La Réunion, les autorités alertent sur l’urgence du diagnostic au retour de voyage

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Alors que le paludisme a été éliminé localement à La Réunion depuis plus de quarante ans, la circulation persistante du parasite dans les pays voisins continue d’alimenter des cas importés. Face à cette situation, les autorités sanitaires rappellent la nécessité d’un diagnostic rapide devant toute fièvre au retour de zone à risque. Entre vigilance clinique, risque de formes graves et enjeux de prévention, le paludisme demeure une menace sous surveillance.

Communiqué :

Le paludisme est une infection parasitaire provoquée par des micro-organismes du genre Plasmodium, transmis à l’être humain par la piqûre de moustiques femelles du genre Anopheles, principalement la nuit. Cette maladie reste endémique dans plusieurs régions du monde, notamment en Afrique, en Asie et dans certaines zones de l’océan Indien.

À La Réunion, la transmission locale du paludisme a été éliminée en 1979, malgré la présence résiduelle de moustiques vecteurs. Toutefois, des cas importés sont recensés chaque année, avec 35 cas en 2025 et 28 cas au premier trimestre 2026. Dans ce contexte, toute fièvre inexpliquée chez une personne revenant d’une zone à risque doit conduire à évoquer systématiquement un paludisme et à réaliser un test diagnostique en urgence.

Le parasite responsable du paludisme comprend plusieurs espèces, dont Plasmodium falciparum, P. vivax, P. ovale et P. malariae. Une espèce plus rare, P. knowlesi, a également été identifiée. Parmi elles, P. falciparum est la principale responsable des cas importés et des formes graves.

La période d’incubation varie généralement de 7 à 30 jours pour P. falciparum, mais peut être plus longue pour d’autres espèces, certaines étant capables de rester dormantes dans le foie et de provoquer des épisodes tardifs, parfois plusieurs mois ou années après l’exposition. L’infection ne confère pas d’immunité durable, sauf en cas d’exposition prolongée en zone endémique.

Après transmission, les parasites migrent vers le foie avant de rejoindre la circulation sanguine, où ils infectent les globules rouges. Les symptômes apparaissent lors de la destruction de ces cellules.

La forme simple du paludisme se manifeste le plus souvent par une fièvre élevée évoluant par accès, accompagnée de frissons, de sueurs intenses, de douleurs diffuses et parfois de troubles digestifs, notamment chez l’enfant. Dans certaines situations, une prise en charge ambulatoire est possible en l’absence de signes de gravité.

Les formes graves, principalement liées à P. falciparum, peuvent engager le pronostic vital. Elles se caractérisent notamment par des atteintes neurologiques, respiratoires ou rénales, une anémie sévère ou une forte parasitémie. Ces situations nécessitent une prise en charge immédiate en milieu spécialisé.

Le diagnostic du paludisme doit être réalisé rapidement, idéalement en continu, avec des résultats disponibles en quelques heures. Une infection à P. falciparum peut en effet évoluer très rapidement vers des complications sévères, voire mortelles. Les examens de référence reposent sur l’analyse sanguine, complétée par des tests rapides et, si nécessaire, des techniques moléculaires.

Le paludisme est une maladie à déclaration obligatoire. Chaque cas confirmé doit être signalé sans délai afin de permettre la mise en œuvre de mesures de contrôle et de surveillance, notamment en présence de vecteurs locaux.

La prévention repose sur une combinaison de mesures. Avant un séjour en zone à risque, une chimioprophylaxie adaptée doit être prescrite en fonction de la destination et du profil du voyageur. L’utilisation de répulsifs, de moustiquaires imprégnées et de protections vestimentaires est également recommandée. Aucune de ces mesures ne garantit une protection totale, ce qui justifie leur association.

Au retour d’une zone endémique, toute apparition de fièvre dans les mois suivant le séjour doit conduire à un dépistage, même en cas de traitement préventif bien suivi. Certaines formes peuvent en effet se manifester tardivement.

La prise en charge dépend de l’espèce identifiée et de la gravité de l’infection. Les formes à P. falciparum sont généralement traitées par des dérivés de l’artémisinine. D’autres espèces peuvent nécessiter des traitements spécifiques, incluant parfois des médicaments destinés à prévenir les rechutes en éliminant les formes dormantes du parasite.

Enfin, une surveillance épidémiologique étroite est maintenue afin de détecter toute évolution inhabituelle du nombre de cas et d’adapter les mesures de prévention et de prise en charge.

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