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Danses indiennes : Après Paris en 2025, Natya Kalamani sera bientôt en tournée en Inde, « pays de nos ancêtres » (Photos-Vidéos)

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Du 20 juillet au 4 août prochains, l’association de danses indiennes dirigée par Lynda Sellom, sera en tournée en Inde. Deux grands spectacles figurent à l’affiche : le 24 juillet à Chennai au Kamataka Sangha Auditorium et le 31 juillet à Madurai au Lakshmi Sundaram Auditorium, deux salles pouvant respectivement accueillir plus de 900 spectateurs. Deux spectacles « offerts » au public indien. Nous avons eu droit ce mercredi matin à une petite démonstration.

Entre les deux grandes représentations, les 43 danseurs et danseuses embarqués dans cette belle aventure se produiront également à Pondichéry où est également prévue une rencontre avec l’Alliance française. Spectacles de danses, exposition itinérante sur la Réunion, rencontre dans les écoles et les universités ponctueront ce séjour organisé par l’association avec l’aide de plusieurs partenaires que l’Etat (DRAC), Département, mairie de Saint-André, Cirest, IRT, le Consulat de l’Inde à la Réunion et Air Mauritius. Sans oublier les parents d’élèves qui s’investissent également beaucoup au sein de l’association, plus principalement pour l’organisation de ce voyage car il est des voyages qui dépassent les frontières, parce qu’ils portent en eux la mémoire des anciens, les larmes des aïeux et la fierté d’un peuple.

(Crédit photos : Yves Mont-Rouge)

Celui que va effectuer Natya Kalamani se veut riche en symboles. Un retour aux sources, presque un retour à la maison, pour raconter une histoire qui appartient autant à La Réunion qu’au berceau de la civilisation indienne.

Après avoir conquis le public des Folies Bergère, à Paris, en octobre dernier, les 43 danseuses et danseurs de l’association fondée en 1994 par Lynda Sellom s’apprêtent donc à vivre une nouvelle page de leur histoire. Un voyage destiné à faire découvrir La Réunion aux Indiens, son histoire, son métissage et les liens profonds qui unissent les deux terres.

Au cœur de cette tournée se trouve Kâlyammavin Pârvayil, une création artistique, qui a démarré en 2024 au théâtre de Champ-Fleuri à la Réunion, et qui est devenue bien plus qu’un spectacle : une véritable œuvre de transmission. À travers les gestes précis du Bharatanatyam, les musiques traditionnelles et les danses folkloriques des villages indiens ainsi qu’une narration en tamoul, le public indien revivra l’arrivée des engagés indiens à La Réunion en 1850, quelques années après l’abolition de l’esclavage. Ces hommes et ces femmes avaient quitté leur terre natale avec l’espoir d’une vie meilleure, sans imaginer les sacrifices qui les attendaient dans les champs de canne à sucre. Leur courage, leur foi et leur résilience ont contribué à bâtir une partie de l’identité réunionnaise. Ecoutez Lynda Sellom, elle est au micro d’Yves Mont-Rouge :

Avec Kâlyammavin Pârvayil, la chorégraphe et danseuse Lynda Sellom – elle-même formée durant plusieurs années en Inde – et son association Natya Kalamani redonnent une voix à ces oubliés de l’Histoire. Le spectacle célèbre également les traditions millénaires de l’hindouisme, les valeurs de transmission, de respect des ancêtres et la richesse d’une culture qui continue de vivre à La Réunion malgré les siècles.

« Nous faisons ce travail pour ne pas perdre nos traditions », confie avec émotion Lynda Sellom, la fondatrice de Natya Kalamani. Depuis plus de trente ans, elle consacre son énergie à transmettre cet héritage aux nouvelles générations. Spectacle après spectacle, elle fait vivre une mémoire parfois fragile, mais profondément ancrée dans le cœur des Réunionnais d’origine indienne.

Cette transmission, les jeunes danseurs de l’association en sont aujourd’hui les plus beaux ambassadeurs. À seulement 25 ans, Sahambari, étudiante et danseuse, mesure toute l’importance de cette aventure. « Nous voulons faire connaître notre histoire, à nous les Réunionnaises et les Réunionnais d’origine indienne. J’espère que les Réunionnaises et les Réunionnais seront nombreux à nous suivre via les réseaux sociaux, à nous encourager aussi dans cette mission ». Des mots simples, mais porteurs d’une immense responsabilité : celle de raconter un passé souvent méconnu et de faire rayonner une identité façonnée entre deux rives de l’océan Indien.

Au-delà des 43 danseurs et danseuses faisant partie de la tournée, il faut savoir que Natya Kalamani compte au total 65 élèves âgés de 6 ans et plus… jusqu’à Lynda Sellom, elle-même.

Même émotion pour Camille, 20 ans, elle aussi étudiante et danseuse au sein de l’association. « C’est juste exceptionnel, un projet extraordinaire, qui permettra de mettre en lumière la vie des engagés qui ont travaillé dur dans les champs pour faire de nous ce que nous sommes aujourd’hui. »

Au-delà des représentations, cette tournée revêt une portée historique. Pour beaucoup de ces jeunes artistes, danser en Inde revient à refermer un cercle ouvert il y a plus de 170 ans, lorsque leurs ancêtres embarquaient pour un destin inconnu. Aujourd’hui, leurs descendants effectuent le chemin inverse, non plus dans la douleur de l’exil, mais dans la fierté de partager leur histoire.

Après la Réunion, Paris et bientôt l’Inde, Natya Kalamani se produira aux Antilles en 2027

Chaque pas de danse sera un hommage. Chaque regard, une pensée pour celles et ceux qui ont quitté leur terre natale avec pour seul bagage leur courage, leur langue, leurs croyances et leurs traditions.

En faisant découvrir La Réunion au public indien grâce à cette exposition itinérante et Kalyâmmavin Pârvayil, Natya Kalamani ne présente pas seulement un spectacle. L’association tisse un pont entre deux peuples unis par une histoire commune, entre le passé et l’avenir, entre les racines et les nouvelles générations.

Une tournée qui s’annonce comme l’un des moments les plus marquants de l’histoire de Natya Kalamani, étant donné que certains voyages ne se mesurent pas en nombre de kilomètres, mais en émotions. Un voyage qui promet de faire vibrer les cœurs, des rivages de La Réunion jusqu’aux terres ancestrales de l’Inde. Il promet aussi de remplir d’amour et allégresse le cœur des 43 danseuses et danseurs, jeunes et moins jeunes, ainsi que de leurs cinq accompagnants. « Un séjour qui coûtera pas moins de 140 000 € », comme l’a rappelé la présidente de l’association, Raïssa Nalatiapoullé, qui a profité de la conférence de presse tenue ce mercredi matin, 15 juillet, au « Vieux Saltimbanque » à Saint-André, pour remercier chaleureusement Lynda Sellom pour son engagement en faveur de l’épanouissement des jeunes de Natya Kalamany, cette « école de la vie » où sont enseignées, outre l’art de la danse, des valeurs fondamentales telles que le respect, l’honnêteté, la responsabilité, la bienveillance, la gratitude, la discipline, la solidarité… Raison pour laquelle, sans doute, des anciens élèves, devenus aujourd’hui pères et mères de familles, et dont certains, certaines, sont toujours danseurs, danseuses au sein de l’association, accompagnent également, à présent, leurs progénitures dans leur évolution chez Natya Kalamani.

Après Paris en 2025, l’Inde cette année, Lynda Sellom et son association envisagent d’ores et déjà une prochaine tournée en 2027 en Guadeloupe et en Martinique. Des contacts avaient été pris avec des représentants culturels des Caraïbes, en octobre dernier, lors de la tournée parisienne. On vous le disait : il est des voyages qui dépassent les frontières…

 

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

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