Le passage à l’an 5127 a été marqué par une ferveur exceptionnelle hier soir au Moca (Montgaillard). À l’initiative de la Région Réunion, la célébration du Pouthandu (Nouvel An Tamoul) a transformé les hauteurs de Saint-Denis en un carrefour de spiritualité, de culture et d’engagement citoyen.
Un accueil entre tradition et protocole
Dès la fin d’après-midi, l’atmosphère était imprégnée des notes envoûtantes de Morlon Narslon, accueillant les invités dans les jardins du Domaine. Sous la houlette de l’animatrice Dishnee, qui a rythmé la soirée avec élégance, le protocole a débuté par l’arrivée de la Présidente de Région, Huguette Bello, suivie de Bhupendra Singh, Consul Général de l’Inde à La Réunion.
Le ton a été donné dans le jardin Laverdure avec une prestation de musique karnatique magistrale, où le violon et les percussions (Mridangam) ont fait vibrer l’assistance avant que le cortège, ouvert par le roulement puissant des Tambours sacrés, ne rejoigne la salle 600.



Mémoire et résistance : Le discours fort d’Huguette Bello
Dans une allocution à la fois émue et politique, la Présidente Huguette Bello a rappelé que le Nouvel An Tamoul est bien plus qu’une date sur un calendrier : c’est une « ode à la vie » et un pilier de l’identité réunionnaise.
La Présidente a mis l’accent sur le travail de mémoire accompli par la collectivité, citant l’inscription du Bal Tamoul au patrimoine culturel immatériel de France et le succès de l’exposition « Les engagés du sucre » à Stella Matutina, labellisée d’intérêt national en 2025.
Elle a également livré un plaidoyer vibrant pour la fierté de l’identité « Malbar » :
« Ce mot appartient à notre histoire de résistance contre la colonisation et l’assimilation forcée. Il faut le porter avec fierté. »



Un appel à la paix mondiale
Au-delà de la fête, la Présidente a ancré cette célébration dans l’actualité internationale, évoquant les conflits en Ukraine, à Gaza ou au Liban. Elle a dénoncé la « flambée des prix » comme une conséquence directe de la guerre, tout en martelant qu’au-delà du prix à la pompe, c’est le « prix du sang » qui doit nous alarmer. Citant Nehru, elle a rappelé que la paix est la condition sine qua non du progrès.



La soirée s’est poursuivie par les traditionnels échanges de cadeaux protocolaires entre la Présidente, le Consul de l’Inde et Jean-Luc Amaravady, Président de la Fédération Tamoule de La Réunion. Après une série de prestations de danses indiennes colorées et techniques, les convives ont été invités à partager un buffet dînatoire, moment ultime de convivialité.

En entrant dans l’année 5127, La Réunion réaffirme sa force : sa capacité unique à faire dialoguer les cultures et à « faire peuple » malgré les tempêtes du monde.



Puthandu Vazthukal à tous !

















C’est vrai que par temps de crise ,il faut montrer que les pouvoirs publics ont de l’argent à gaspiller