Présidentielle 2027 : Mathieu Hoarau fustige « les promesses impossibles à financer » de La France Insoumise

4 min de lecture
9
Mathieu Hoarau, maire de l’Etang-Salé, réélu en mars dernier, jeune élu de la droite locale faisant partie de LVC (La Voix des Citoyens) et de Nouvel R’ (présidé par Cyrille Melchior), a réagi suite aux promesses faites par la députée européenne LFI, Manon Aubry, lors de son séjour à la Réunion, au cours duquel, entouré de quelques élus de l’extrême gauche, elle a officiellement lancé la campagne présidentielle du candidat Jean-Luc Mélenchon.
« Madame Marion Aubry, eurodéputée, ainsi que plusieurs élus locaux de La France Insoumise, proposent un SMIC à 1 700 € et un départ à la retraite à 60 ans. À première vue, ces propositions peuvent sembler attractives, porteuses d’espoir et socialement séduisantes. Mais derrière les slogans, la réalité économique est bien plus complexe et contraignante », souligne le maire de l’Etang-Salé et membre de Nouvel R’ (le parti présidé par Cyrille Melchior).
« En l’absence de mesures concrètes et efficaces contre la vie chère, LFI s’inscrit dans une logique de discours économique simpliste, proche de certains modèles d’inspiration du siècle dernier, plutôt que de formuler des propositions concrètes et de répondre aux enjeux structurels de la société réunionnaise. Comme beaucoup de Réunionnais, je comprends l’aspiration légitime à mieux vivre, à mieux gagner sa vie et à partir à la retraite dans la dignité après une carrière de travail. Mais la vraie question est simple : qui finance ? Comment ? Et surtout, quelles mesures auront un impact immédiat sur le quotidien des familles réunionnaises ? », s’interroge Mathieu Hoarau.
Selon lui, « Un SMIC à 1 700 € entraînerait mécaniquement une hausse importante du coût du travail pour les entreprises. Les TPE et PME, qui constituent l’immense majorité du tissu économique réunionnais et français, seraient directement impactées. Beaucoup devraient soit réduire leurs effectifs, soit augmenter leurs prix, soit renoncer à investir et à embaucher. Dans un territoire comme La Réunion, où le tissu économique est déjà fragile et fortement dépendant de la commande publique et de l’importation, une telle mesure risquerait d’aggraver les difficultés des petites entreprises locales et de fragiliser l’emploi », explique-t-il.
« Par ailleurs, l’État serait également contraint d’augmenter fortement à nouveau ses dépenses et de compenser une partie des effets indirects sur les entreprises via des aides, des exonérations ou des dispositifs de soutien. Cela conduirait à une augmentation significative de la dépense publique, et donc du déficit et de la dette, déjà à des niveaux historiquement élevés. Enfin, une telle politique, si elle n’est pas accompagnée d’une augmentation équivalente de la productivité et de la richesse produite, risquerait de provoquer des effets inflationnistes : les hausses de salaires seraient en partie absorbées par la hausse des prix, réduisant mécaniquement le gain réel pour les ménages », précise encore l’élu de droite.
Qui poursuit : « À La Réunion, le problème n’est pas seulement le niveau des revenus. Le problème est surtout le coût de la vie. Un salarié réunionnais qui gagne davantage mais qui continue à payer plus cher que ses homologues de l’hexagone : ses produits alimentaires à des prix excessifs, son logement, son billet d’avion 1 500 €, son carburant, les matériaux de construction, assurances, frais bancaires et services, pièces automobiles et réparations…,… ne verra pas réellement son pouvoir d’achat progresser . Aujourd’hui, une famille réunionnaise ne demande pas des slogans.
Elle demande : des courses moins chères, des emplois, un logement abordable, des billets d’avion accessibles, un avenir pour ses enfants et une vision politique réaliste à long terme ».

« Les mesures doivent être concrètes, réalistes et immédiatement applicables »

Mathieu Hoarau plaide en faveur « d’un plafonnement du billet d’avion Réunion-Paris à 900 € aller-retour maximum pour les résidents réunionnais tout au long de l’année et ainsi mettre fin a la continuité territoriale actuelle, par exemple : « un réunionnais qui doit se rendre à Paris ne doit pas être plus lésée qu’un Parisien qui doit se rendre à New York, d’un grand plan régional sur le fret maritime afin de réduire le coût d’importation des marchandises essentielles. Ce plan passe par la création d’une centrale de commande logistique régionale pour les PME, la création d’un port sec logistique régional, la prise en charge d’une partie du coût du transport maritime pour les produits alimentaires de base, les matériaux de construction, les produits de santé et d’hygiène ». Il insiste : « un grand plan régional sur le fret maritime pourrait consister à mutualiser les importations des entreprises réunionnaises afin de négocier des volumes plus importants et réduire le coût des conteneurs, à subventionner le transport des produits essentiels en échange d’un encadrement des prix, et à structurer une plateforme logistique unique permettant d’optimiser les flux et de réduire les surcoûts liés à l’insularité ».
Mathieu Hoarau préconise également « une négociation avec l’État et les compagnies maritimes pour diminuer les surcoûts logistiques qui pèsent sur chaque produit acheté dans les rayons »; « le développement de la production locale agricole et industrielle afin de limiter partiellement la dépendance de l’ile aux importations et permettre un essor des entreprises locales »; « La révision et le renforcement du Schéma d’Aménagement Régional (SAR) afin d’ anticiper les besoins en logements sur les 10 à 20 prochaines années, limiter la pénurie de foncier et la spéculation immobilière, et favoriser l’accession à la propriété des locataires, grâce à un dispositif permettant de déduire une partie des loyers déjà versés du prix d’achat final du logement ».
Il conclut en disant : » À La Réunion, augmenter les revenus ne suffit pas sans action sur les prix et leurs causes structurelles. La politique doit quitter le terrain des promesses nationales irréalisables pour revenir aux réalités du quotidien, afin d’éviter bien des déboires et une perte de crédibilité de l’action publique ».

Yves Mont-Rouge

[email protected]
Téléphone : 0692 85 39 64

9 Commentaires

  1. Que ce porc ferme sa gueule ! Lui qui mange à tous les rateliers, saiy-il comment est financé ses plats ? Je l’invite à lire le programme de FI et de MELENCHON où chaque projet est expliqué, où chaque projet est financé. PLUSTÖT a-t-il peur du passage à la -ème République ? Il aura trop à perdre comme ses amis ! Alors parle de ce que tu sais et ferme la sur ce que tu ne sais pas !

  2. Bein il propose de la poudre aux yeux aussi..
    Allez discuté avec cma cgm ou tout autre transporteur maritime la blague, le traffic qui vient à la réunion représente 0,01% de leur CA.. Il faudra payer très très chère pour qu’ils pensent à baisser les coûts du fret.. Donc faudra augmenter nos impôts.. Donc ça changera quoi ?
    Une bonne partie des gens richenet ne veulent pas augmenter le smic par peur que ça réduirait l’écart entre eux et le pauvre et si l’écart est réduit, qu’est-ce qu’un riche aurait de plus qu’un smicard ?

  3. Le SMIC, comme les retraites, comme tout autre sujet relève de choix et décisions politiques … et donc de budget dédié en conséquence … le budget de la défense est actuellement de 40 milliards d’euros et devrait atteindre les 70 milliards d’ici 2030 …
    Cet argent n’est pas sorti de nulle part, il a été décidé politiquement et donc mis en oeuvre pour une vision politique !! Il est donc tout à fait raisonnable de penser que tout ou parti de ce budget (ou tout autre complément de budget) puisse être mis en oeuvre pour le bien être des concitoyens et potentiellement être partiellement reversé dans les caisses de l’état dans la consommation en privilégiant une augmentation du SMIC et un départ à la retraite à 60 ans !! Il faut quand même savoir que selon les projections de l’INSEE, l’augmentation du budget nécessaire pour un départ à la retraite à 60 ans ne plomberait pas la croissance sur les 5 prochaines années ….
    Bref, les détracteurs concluront de façon très simpliste en disant « qui c’est qui paye ?? C’est pas possible !!! » mais en creusant davantage le sujet on se rend très vite compte qu’il s’agit d’idéologie politique et que le financement de ces mesures n’est qu’un « détail » que personne n’ose mettre en perspective avec les dépenses faramineuses actuelles que personne ne conteste dont seule une minorité en bénéficie !!

  4. LFI un parti dangereux qui se sert des plus vulnérables, pour gagner des élections….. surtout ce sont les soutiens des harceleurs, des tabasseurs de femmes, des alcoolos et des délinquants et des terroristes

    • Merci les médias Bolloré de vous avoir lobotomisé..
      LFi souhaite arrêter la vente d’alcool à l’assemblé contrairement au RN et c’est le LFi les pro alcool ?
      Le RN veut faire en sorte de taire la parole de la femme et c’est LFi qui tabasse les femmes (cherchez sur un moteur de recherche, au RN il y en a plus lâche envers les femmes que chez LFi)
      Être partisan d’un partie néo nazi c’est soit être nazi soit ne rien savoir de l’histoire..

  5. Je viens saluer la vision de Monsieur Mathieu HOURAU , une France en décadence, avec tous les promesses d’ une de voillourie , regarde ce qui vient de se passer, à Paris, après in grand matche , qui fait honneur à la France, elle est déshonorée par des bandits des extrémistes, quand les militaires prendront le pouvoir, quand on mettra en places un tribunal militaire pour finir avec tous ce bordel, qui en gangrène notre douce France.

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Revue de presse régionale — Lundi 1er juin 2026

Article suivant

Présidentielle 2027 : au centre, la bataille Attal-Philippe tourne au casse-tête stratégique

Free Dom