Saint-Malo, le 30 juin 2026 – À peine arrivés de leur première étape offshore entre Cherbourg-en-Cotentin et Saint-Malo, les neuf équipages du Tour Voile ont enchaîné avec la journée du Grand Prix Bretagne Plaisance.
Au programme : quatre parcours construits suivis d’un parcours côtier de 22 milles disputés dans des conditions idéales, avec un vent évoluant progressivement de 6 à 8 nœuds le matin à 10 à 12 nœuds dans l’après-midi.
À bord du Figaro 3 La Réunion, Aurélien Barthélémy (barreur), Gabriel Jean-Albert (régleur), Lorenzo Palazzi (n°1) et Ylona Jaud (floater) terminent cette première journée aux places de 9e, 5e, 8e et 7e sur les parcours construits, avant de conclure le parcours côtier à la 5e place.
Un bilan en deçà des ambitions de l’équipage, qui nourrit déjà sa réflexion pour la suite du Tour.

Aurélien Barthélémy :
« Les résultats du jour sont bien en deçà de ce qu’on attendait, en raison d’un petit déficit de vitesse qui nous empêche de faire notre jeu. Comme le dit Gabriel, la vitesse, ça rend intelligent ; à priori, ne pas aller vite, c’est plutôt l’inverse. »
Des manches compliquées malgré quelques points positifs
Sur les parcours construits, l’équipage La Réunion parvient à réaliser plusieurs bons départs sans réussir à transformer ces entames en résultats.
« On a eu au moins deux bons départs. Après, on a manqué toujours un peu de vitesse. C’est assez frustrant parce qu’on se retrouve dans des positions où ça revient de tous les côtés. On se fait passer par la droite, par la gauche, et là c’est vraiment difficile. »
Aurélien Barthélémy reconnaît également que la frustration a parfois pesé sur la qualité des manœuvres.
« Il y a des manœuvres qu’on a ratées alors qu’à l’entraînement, on sait très bien les faire. Quand la manche ne se passe pas très bien, on est parfois moins lucides dans les moments clés. Ce n’est pas ce qui nous a fait perdre les manches, mais ça ne nous a pas aidé clairement. »
L’analyse est sans détour.
« Il nous faut plus de vitesse. On va questionner nos réglages : le mât, le bateau, les réglages dynamiques des voiles, leur forme sur l’eau, mais aussi la conduite du bateau. Est-ce qu’on navigue trop haut, trop bas ? Est-ce qu’on est à l’aise au contact des autres ? Tant qu’on n’a pas la vitesse, on ne peut pas exprimer notre plan tactique parce qu’on n’a pas la possibilité de tenir les positions qu’on devrait tenir. »
Une remontée sur le parcours côtier
5ème du parcours côtier, l’Equipage La Réunion retient malgré tout sa capacité à revenir dans la course.
Après un bon départ, un choix stratégique peu favorable puis plusieurs manœuvres imparfaites sous spi et Gennaker leur coûtent plusieurs places.
Mais l’équipage parvient ensuite à retrouver de la vitesse et à refaire progressivement son retard grâce à des choix de voile assumés et une bonne lecture du plan d’eau.
« On était beaucoup plus rapides que la flotte sur une partie du parcours. On fait une très belle manœuvre d’enroulé, puis on choisit de rester sous foc alors que beaucoup passent sous Gennaker. C’était la bonne décision, on revient très vite sur les bateaux devant nous et on en dépasse plusieurs. Ensuite, on rate malheureusement un envoi de Gennaker. »
Déjà tournés vers la suite
Malgré la déception, le skipper réunionnais ne baisse pas les bras :
« Le bilan de la journée, c’est énormément de frustration, un peu de déception et beaucoup de remises en question. On est venus pour gagner le Tour Voile et, depuis le début, on enchaîne des manches qui ne sont pas à la hauteur de nos attentes. »
« Mais il reste encore trois étapes Offshore et beaucoup de journées d’Inshore. On sait que le Tour se gagne à la régularité et, pour l’instant, elle nous manque. Maintenant, on n’a plus rien à perdre, on a tout à gagner. On se retrouve dans une situation qui n’est pas celle qu’on aurait souhaitée, mais le Tour est encore long. »
Le Tour Voile ne laisse guère le temps de s’attarder sur une journée difficile. Les analyses sont déjà engagées, les réglages vont être affinés et l’équipage La Réunion se projette vers la suite de la compétition.
Dès demain, l’équipage La Réunion reprendra le large pour une étape offshore vers Plérin, en Baie de Saint-Brieuc, avec la volonté de retrouver la vitesse et la régularité qui fait la différence sur un Tour Voile.













