Ce matin, le siège de la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de La Réunion (CMAR) n’avait rien d’un bureau administratif classique. Entre effluves de rhum vieux, éclats de bijoux en roche volcanique et défilé de sacs en goni, l’ambiance était à la fête pour la remise officielle du Label Artisanat 2026.
Le mot du Président : « On n’a rien inventé, on a juste reconnu votre talent ! »
C’est un Bernard Picardo tout sourire qui a ouvert le bal. Rappelant que ce label a déjà soufflé ses dix bougies (et même un peu plus, mais quand on aime l’artisanat, on ne compte pas !), le Président de la CMAR a insisté sur l’ADN de cette marque : l’identification.
« À l’époque, c’est vous, les professionnels, qui nous avez dit : « Il faut qu’on nous reconnaisse ! » » a-t-il rappelé.
L’objectif était simple (mais vital) : sortir de l’ombre du « fait à la maison » un peu flou pour entrer dans la lumière du vrai savoir-faire péi. Un succès tel que nos voisins des Antilles sont venus « zieuter » la méthode réunionnaise pour l’exporter chez eux. Comme quoi, le génie réunionnais voyage bien ! Aujourd’hui, plus de 300 entreprises portent fièrement ces couleurs.

Un cru 2026 entre « Vieux de la Vieille » et « Petits Nouveaux »
La remise des labels, c’est un peu comme une réunion de famille : il y a ceux qu’on connaît par cœur et ceux qui viennent d’arriver avec des idées plein la tête.
Les piliers du label : Pour certains, comme Ludovic Mofras ou Peggy Laurent , le label est là depuis le début. Que ce soit pour du rhum pur jus de canne ou des confiseries qui fêtent leurs 20 ans, le mot d’ordre est la constance. On retrouve aussi la team « Couture & Pinceaux » avec des habituées qui, depuis 2009, ne lâcheraient leur logo pour rien au monde.


Les révélations et l’insolite : Le cru 2026 nous a réservé de sacrées pépites :
La tech qui brille : À La Possession, on grave désormais l’inox en couleur avec des lasers dignes de Star Wars. C’est quasiment unique au monde, et c’est fait ici, pas en Chine !
La main verte (et le plâtre) : Saviez-vous que le plâtre aide vos plantes à ne pas mourir de soif ? Une nouvelle lauréate nous a prouvé que l’artisanat, c’est aussi de la science (et beaucoup de sauvetage de plantes vertes).

La fibre dans le sang : Entre Sabine Payet qui transforme le tronc de bananier en abat-jour design et Marie-Laure Louise qui coud depuis ses 8 ans (merci mémé !), la relève est assurée.


De la terre à l’assiette : Mention spéciale à Marie-Venante Virassamy, agricultrice depuis 1992, qui peut enfin fièrement arborer le mot « Artisanal » sur ses pots de confitures bio.


Pourquoi ce label change tout ?
Au-delà de la plaque en plexi et du kit de communication tout neuf sous le bras, ce label est une arme anti-contrefaçon. Dans un marché où le « Made in Ailleurs » tente parfois de se faire passer pour du local, le Label Artisanat est une boussole pour le client : ici, on travaille la roche volcanique, le goni, le bois, le tissu d’ameublement recyclé et la céramique avec de vraies mains.



La matinée s’est conclue dans une convivialité typiquement réunionnaise. Pas de doute, l’artisanat local n’est pas qu’une affaire de business, c’est une affaire de passionnés qui, comme le dit si bien une créatrice, travaillent pour « rendre les gens uniques ».
Félicitations aux lauréats 2026 ! Et n’oubliez pas : si c’est labellisé, c’est que c’est du lourd.














