Le silence a longtemps été la demeure forcée de nombreuses voix féminines. Jusqu’au 16 mai à la Cité des Arts, l’exposition collective « Fanm, lès lo kor kozé » vient briser cette inertie. À travers une pluralité de médiums — performances, installations, dessins et photographies — neuf regards de femmes transforment l’intime en un manifeste universel de résistance et de guérison.
Un chœur de résistances et de récits croisés
L’exposition ne se contente pas de donner à voir, elle donne à entendre des trajectoires de vie. Les artistes tissent une toile narrative où s’affirmer devient un geste politique. Pour porter ce message, le collectif s’appuie sur des signatures artistiques fortes et engagées :
- Migline Paroumanou : Plasticienne du sacré et de la mémoire, elle explore l’identité réunionnaise en transformant les cicatrices historiques et intimes en empreintes de résilience.
- Catherine Boyer : À travers un trait organique et viscéral, elle explore la chair et les sensations internes, cherchant à traduire visuellement la force vitale qui réside dans chaque corps.
- KMVH (Katty-Mélanie Valery Hoarau) : Photographe et plasticienne, elle déconstruit les stéréotypes pour mettre en lumière des récits de vie souvent réduits au silence, célébrant la diversité et l’affirmation de soi.
- Sonia Charbonneau : Son approche de la matière et de la peau place l’humain au centre. Elle utilise l’art comme un outil de soin, révélant la puissance émotionnelle nichée dans les textures du quotidien.
- Hélène Coré : Entre fragilité et puissance, son travail de témoignage visuel capte des instants où le corps devient un espace de liberté à protéger face aux pressions extérieures.
Elles sont accompagnées dans cette aventure par Amandine Benintendi & Anifa Cassim, Lolita Bourdon, Marie-Julie Gascon et Magalie Grondin, formant ensemble un front artistique uni.
Le corps comme territoire à reconquérir
Le titre de l’exposition sonne comme une injonction libératrice. Reprendre possession de son corps est ici présenté comme un acte essentiel de « soin de soi ». Les œuvres deviennent des manifestes pour dénoncer, refuser les carcans et les normes qui emprisonnent l’image de la femme et faire de la création une brèche vers une liberté nouvelle, où la douceur n’exclut pas la force.
Chaque installation agit comme une conversation nécessaire, une main tendue vers toutes celles qui, un jour, ont dû se taire. En laissant le corps s’exprimer, ces artistes ouvrent la voie à une nouvelle manière d’habiter le monde : sans crainte, et avec une parole enfin libérée.
Les expositions sont accessibles du mardi au samedi de 10h à 12h30 et de 13h30 à 18h.
Entrée libre et gratuite sauf dimanches et fériés.














