Économie circulaire : les Outre-mer veulent tourner la page du tout-déchet

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Les premières Assises de l’économie circulaire dans les Outre-mer se sont tenues récemment au Sénat, réunissant élus, acteurs économiques, associations et spécialistes de la gestion des déchets autour d’un constat partagé : les territoires ultramarins doivent accélérer leur transition vers un modèle plus durable.

À cette occasion, la sénatrice de La Réunion Audrey Bélim a rappelé les défis auxquels sont confrontés les Outre-mer. Aujourd’hui encore, une grande partie des ressources consommées est importée, tandis qu’une part importante des déchets finit enfouie ou exportée. Un modèle qui montre ses limites tant sur le plan économique qu’environnemental.

Pourtant, plusieurs initiatives locales démontrent qu’un autre fonctionnement est possible. À La Réunion, le système historique de réemploi des bouteilles de la bière Dodo est souvent cité comme l’un des exemples les plus anciens et les plus efficaces de réutilisation d’emballages ménagers en France.

Malgré ces réussites, les acteurs de l’économie circulaire se heurtent encore à de nombreux obstacles. Les entreprises du secteur dénoncent notamment un manque de soutien institutionnel, des dispositifs fiscaux parfois inadaptés, une coopération régionale encore insuffisante et des réglementations qui ne tiennent pas toujours compte des réalités ultramarines.

Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Dans les Outre-mer, près de 67 % des déchets ménagers sont encore enfouis, contre environ 15 % dans l’Hexagone. Le coût moyen de gestion des déchets y est également nettement plus élevé, atteignant près de 1,7 fois celui observé en métropole.

Au-delà de la question environnementale, les conséquences touchent directement la santé publique. Les déchets abandonnés et les décharges sauvages favorisent la prolifération de nuisibles et augmentent les risques sanitaires. Certaines collectivités doivent également faire face à la pollution des sols, des cours d’eau et des zones côtières, particulièrement sensibles dans des territoires qui concentrent une grande partie de la biodiversité française.

Pour les participants à ces premières Assises, le développement de l’économie circulaire apparaît désormais comme un levier majeur pour réduire la dépendance aux importations, créer de l’emploi local, préserver l’environnement et renforcer la résilience des territoires ultramarins.

Les travaux engagés devraient permettre d’identifier des solutions concrètes afin d’adapter les politiques publiques aux réalités des Outre-mer et d’accélérer la transition vers un modèle plus respectueux des ressources.

Crédit photo : Audrey Bélim

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