Du 13 au 17 mai 2026, La Réunion s’inscrit dans la dynamique nationale de la Fête de la Nature. Si l’événement est souvent perçu comme une simple série de sorties en plein air, il revêt cette année une dimension beaucoup plus politique et écologique : celle de la récupération de notre biodiversité. Dans un contexte de changement climatique accentué, ces cinq jours visent à transformer le regard des Réunionnais sur leur environnement.
Le chantier de la restauration : Restaurer plutôt que simplement préserver
Le cœur de cette édition 2026 repose sur l’engagement physique. Plusieurs chantiers participatifs seront déployés sur l’île avec deux objectifs prioritaires :
- Le retour des espèces endémiques : La plantation d’espèces locales n’est pas qu’une question d’esthétique, il s’agit de recréer des micro-écosystèmes capables de mieux retenir les sols et de favoriser le retour de la faune endémique : oiseaux, insectes pollinisateurs.
Le Parc National de La Réunion souligne le rôle crucial de l’humain dans la survie des forêts :
« Les milieux naturels de l’île sont exceptionnels, mais ils sont aussi d’une extrême fragilité. La restauration écologique, qui consiste à replanter des espèces indigènes et endémiques, est un levier majeur pour recréer les continuités écologiques indispensables à la survie de notre faune. Sans une intervention active pour aider la forêt à se régénérer, certains écosystèmes pourraient disparaître à court terme. »
- La guerre contre l’invasion verte : La lutte contre les espèces exotiques envahissantes reste le défi majeur de l’île. Ces opérations de « défrichage sélectif » sont essentielles pour éviter que la biodiversité réunionnaise ne soit étouffée par des espèces importées, souvent plus agressives.
Le Groupe Espèces Envahissantes de La Réunion (GEIR) exprime l’urgence de la lutte contre l’étouffement de la biodiversité :
« La Réunion est l’un des territoires les plus touchés au monde par les invasions biologiques. Ces espèces exotiques envahissantes constituent la menace numéro un pour la biodiversité terrestre de l’île. Elles modifient en profondeur le fonctionnement des écosystèmes et entraînent la raréfaction, voire l’extinction, de nos espèces patrimoniales. »
De la montagne au récif
La programmation souligne l’interdépendance des milieux. Les découvertes pédestres et aquatiques proposées ne sont pas de simples balades, mais des leçons d’écologie appliquée.
En suivant le parcours de l’eau, des hauts jusqu’au lagon, les participants sont amenés à comprendre comment une action en amont, comme la pollution d’une ravine ou la déforestation, impacte directement la santé des récifs coralliens. Cette vision holistique est cruciale pour une gestion durable de notre territoire insulaire.
L’engagement citoyen comme moteur de changement
Au-delà de l’aspect scientifique, la Fête de la Nature interroge notre rapport au vivant. En invitant les citoyens à manipuler la terre, à observer les espèces sous l’eau ou à identifier les menaces sur les sentiers, l’événement cherche à créer un réflexe de protection permanent. L’enjeu est de taille : faire en sorte que l’effort de ces cinq jours se prolonge tout au long de l’année dans les habitudes quotidiennes et les décisions locales.















