La disparition progressive des jeux vidéo en version physique fait désormais son entrée dans le débat politique. Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi à l’annonce de Sony, qui prévoit de mettre fin à la production de nouveaux jeux PlayStation sur disque à partir de janvier 2028, ainsi qu’à la commercialisation de GTA VI, proposé sous la forme d’un code de téléchargement plutôt que d’un disque physique.
Dans une publication diffusée sur les réseaux sociaux, le leader de La France insoumise estime que cette évolution remet en cause le principe même de propriété des biens numériques.
« Demain, vous paierez sans jamais rien posséder. Ni prêt, ni revente, ni garantie de conserver ce qu’on a payé », écrit-il, dénonçant un modèle où les consommateurs achètent une licence d’utilisation plutôt qu’un produit qu’ils possèdent réellement.
Jean-Luc Mélenchon considère que le jeu vidéo ne peut plus être vu comme une simple marchandise. Selon lui, il s’agit d’un véritable bien culturel qui mérite une protection juridique spécifique, au même titre que d’autres œuvres culturelles.
Il annonce ainsi vouloir ouvrir, dès 2027, un chantier législatif consacré aux droits des joueurs afin de mieux encadrer la propriété numérique, la conservation des jeux achetés, leur transmission et la possibilité de les revendre ou de les prêter.
L’annonce de Sony a suscité de nombreuses réactions dans la communauté des joueurs. Si le constructeur japonais explique que cette décision répond à une préférence croissante des consommateurs pour les achats dématérialisés, de nombreux passionnés s’inquiètent de la disparition progressive du marché de l’occasion, de la fin des collections physiques et du risque de perdre l’accès à des jeux pourtant achetés, en cas de fermeture d’un service ou d’expiration de licences.
Le débat dépasse désormais le simple cadre du jeu vidéo. Il soulève une question plus large : que possède réellement un consommateur lorsqu’il achète un contenu numérique ? Entre les plateformes de streaming, les livres numériques, les films et désormais les jeux vidéo, la frontière entre achat et simple droit d’accès devient de plus en plus floue.
Pour de nombreux joueurs, cette évolution marque peut-être la fin d’une époque, celle où un jeu pouvait être conservé, collectionné, prêté ou revendu librement. Pour Jean-Luc Mélenchon, cette transition doit désormais s’accompagner d’une réflexion politique afin de garantir de nouveaux droits aux consommateurs à l’ère du tout numérique.
Crédit photo : Jean-Luc Mélenchon / Facebook.














