C’est un nom qui fait désormais partie intégrante du paysage dionysien. Ce mardi, l’inauguration de l’impasse Sara Bibi Ismaël a marqué un moment d’émotion rare. En présence de la maire Ericka Bareigts, des élus et de la famille, la Ville a rendu hommage à une « femme de cœur » dont la mémoire est désormais ancrée pour toujours dans l’espace public.
Il est des lieux qui portent une âme, et cette nouvelle impasse de Saint-Denis en est l’exemple vibrant. Disparue en septembre 2019 à l’âge de 87 ans, Sara Bibi Ismaël, figure emblématique de la rue Félix Guyon, a vu son dévouement et sa bonté officiellement reconnus par la municipalité.

L’impasse Sara Bibi Ismaël : le symbole d’une noblesse de cœur
Pour Ericka Bareigts, donner ce nom à une voie de la commune était une évidence une fois l’histoire de Sara révélée. Au-delà des célèbres samoussas et bonbons piments qui ont fait sa renommée dans toute l’île, c’est la profondeur humaine de cette dame qui a été célébrée.
La maire a d’ailleurs rappelé avec force : « L’importance des gens ne se mesure pas au portefeuille. »
L’inauguration de cette impasse est le fruit d’une rencontre entre la persévérance citoyenne de son petit-fils, Irshad, et la volonté de la Ville de mettre en lumière les « invisibles » qui ont pourtant façonné l’histoire sociale de Saint-Denis.
« Ces personnes ne sont pas dans les livres d’histoire, mais elles l’auraient mérité », a ajouté l’édile devant une assemblée recueillie.

Un message adressé aux futures générations
Située face au futur centre médico-social, l’impasse Sara Bibi Ismaël devient un pont symbolique entre le passé et l’avenir. Pour Rouksanan, sa fille, et ses petits-enfants Irshad et Youchah, voir ce panneau dévoilé est une reconnaissance immense. C’est la victoire de la bienveillance sur l’anonymat.
Dans un discours empreint de dignité, son petit-fils Irshad a rappelé le sens profond de cette plaque de rue :
« La dénomination des rues constitue un acte symbolique fort : celui d’inscrire dans notre espace commun la mémoire de celles et ceux qui ont fait vivre, souvent dans l’ombre, les valeurs de solidarité, d’entraide et de fraternité. »

Une place méritée dans l’histoire de la ville
Désormais, l’impasse Sara Bibi Ismaël ne servira pas seulement à orienter les passants. Elle rappellera à chaque citoyen qu’une vie passée à aider les autres, sans distinction d’origine ou de condition, vaut la plus belle des distinctions. Saint-Denis continue ainsi de transformer ses rues en un livre ouvert sur l’humanité et le « vivre-ensemble » réunionnais.
















