Syndrome du bébé secoué : une maltraitance qui peut être mortelle

9 min de lecture
3

Les cas de bébés secoués ne sont pas des faits isolés. Chaque année, plusieurs centaines d’enfants en sont victimes. Cette maltraitance, perpétrée volontairement par des adultes, parfois dans le déni de la gravité de leur acte, représente la forme la plus grave de traumatisme crânien de l’enfant.

En France, un bébé sur dix, victime de secouements, décède, les autres en subiront les conséquences toute leur vie. Le syndrome du bébé secoué est à l’origine de graves séquelles neurologiques qui se manifestent par des déficiences intellectuelles, visuelles ou motrices, ainsi que des troubles du comportement, de la parole ou de l’attention.

Pour alerter et faire la lumière sur la réalité de ce phénomène, le Gouvernement se saisit du sujet à travers une campagne de sensibilisation nationale. Cette initiative d’Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’Enfance et des Familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé, soutenue par des experts et des parents témoins, repose notamment sur la diffusion d’un film choc qui rappelle l’essentiel : secouer un bébé est une maltraitance qui peut être mortelle.

Les chiffres clés

  • 1 victime sur 10 décède1
  • Les 3/4 des survivants présentent des séquelles graves2.
  • Un taux de récidive élevé : on estime que les bébés victimes de ce traumatisme crânien ont été, en moyenne, secoués 10 fois avant le diagnostic.

LE SYNDROME DU BÉBÉ SECOUÉ

Aussi qualifié de traumatisme crânien non accidentel (TCNA), le syndrome du bébé secoué survient lorsqu’un bébé ou un jeune enfant est violemment secoué par un adulte.

Ces secousses, toujours extrêmement violentes, sont produites le plus souvent lors de la saisie du bébé sous les aisselles ou par le thorax. Sa tête se balance rapidement d’avant en arrière et son cerveau heurte les parois de son crâne.

Le bébé peut alors arrêter de respirer et des lésions cérébrales, oculaires et de la moelle épinière peuvent survenir. Des pertes de neurones importantes, qui impacteront l’enfant toute sa vie, peuvent aussi être occasionnées.

Les séquelles du syndrome du bébé secoué

Les bébés qui survivent aux secouements connaîtront pour les trois-quarts des séquelles lourdes dues à des lésions cérébrales :

  • Un retard du développement psychomoteur ou des handicaps moteurs ;
  • Des troubles cognitifs et des difficultés d’apprentissage ;
  • Des problèmes de comportement ;
  • Un déficit visuel ou une cécité ;
  • Un déficit auditif ou une surdité ;
  • Des crises épileptiques.

SECOUER UN BÉBÉ EST UNE MALTRAITANCE VOLONTAIRE ET RÉPÉTÉE

Dans l’immense majorité des cas, le syndrome du bébé secoué se produit sans témoin, lorsque l’enfant est seul avec un adulte. Cette maltraitance à huis clos explique en partie le déni dans lequel peut se trouver l’auteur du secouement. La cessation des pleurs du bébé, immédiatement observée dans les suites du secouement violent, est à la base de la réitération des violences et il peut s’installer un véritable cercle vicieux relationnel entre le nourrisson qui pleure et l’auteur qui, en réponse, le secoue. Ainsi, au moment du diagnostic, plus de la moitié des bébés secoués l’ont déjà été au moins à deux reprises. Certains le sont fréquemment, voire quotidiennement.

Certains facteurs de risque peuvent être déclencheurs d’un syndrome du bébé secoué chez les auteurs, dans la majorité des cas l’un des parents ou l’assistante maternelle :

  • Tout événement qui peut rendre difficile l’attachement précoce avec le nouveau-né ;
  • Des antécédents personnels de violences subies dans l’enfance ;
  • Des violences conjugales ;
  • Des addictions ;
  • Un isolement social et moral ;
  • Une intolérance à la frustration, une impulsivité, etc.

Face à cette maltraitance, l’enfant est victime d’une infraction pénale et des peines d’emprisonnement fermes sont encourues par les auteurs.

Lorsque les conséquences du secouement sur le mineur constituent un crime, le Code pénal concernant les peines privatives de liberté encourues par les auteurs prévoit :

20 ans de réclusion criminelle pour le cas des violences aggravées entraînant une mutilation ou une infirmité permanente (articles 222-9 et 222-10) ;

30 ans de réclusion criminelle pour le cas des violences aggravées ayant entraîné la mort sans intention de la donner (articles 222-7 et 222-8).

Protéger l’enfant est un acte médical et une obligation légale et éthique pour les professionnels de santé

Des dérogations à la violation du secret profes- sionnel permettent de signaler les privations et sévices qu’ils ont constatés (article 226- 14 du Code pénal et article 44 du Code de déontologie médicale) ;

Les professionnels de santé n’ont pas à être certains de la maltraitance, ni à en apporter la preuve, pour alerter l’autorité compétente selon les recommandations de la HAS.

LA CAMPAGNE NATIONALE DE SENSIBILISATION AU SYNDROME DU BÉBÉ SECOUÉ

Pour alerter sur la réalité de cette maltraitance et ses conséquences, et présenter des solutions préventives au syndrome du bébé secoué, le secrétariat d’État en charge de l’enfance et des familles auprès du ministre des Solidarités et de la Santé a travaillé en lien étroit avec des parties prenantes engagées, dont des experts reconnus et des parents témoins.

Une campagne pour susciter l’attention de tous

Avec pour objectif d’attirer l’attention du grand public, le spot de la campagne met implicitement en scène, par l’intermédiaire du son d’un babyphone, un agresseur secouant brutalement un enfant. Un parti-pris qui vise à positionner le syndrome du bébé secoué comme étant un acte de maltraitance perpétré par un adulte violent, et seul responsable.

Diffusé en digital, dans le cadre d’une campagne d’achat média, sur les principales plateformes vidéo (YouTube, MY TF1, francetvpluzz, 6play), des plateformes social media (Facebook/Instagram, Snapchat, Twitch) et un large éventail de sites éditeurs, à partir du 17 janvier 2022, ce film choc signale formellement que le syndrome du bébé secoué peut s’avérer mortel dans 1 cas sur 10.

Sa diffusion s’accompagnera d’un kit de communication (affiche, dépliant, etc.), pour aider les professionnels et les institutions de santé à sensibiliser leur patientèle ou les publics qu’ils reçoivent sur le syndrome du bébé secoué.

 

3 Commentaires

  1. Faut être inhumain pour faire du mal à un être aussi innocent. Confier le à une assistante sociale si vous n’êtes pas capable de l’aimer. Ce n’est pas digne d’une mère. Elle mérite même pas d’être appelée mère.

  2. Déjà avec un nourrisson faut être zen. C’est qu’il a des besoins ce pti bout. Quand il chouine, c’est pas seulement parce qu’il a faim. Faut jouer aux devinettes. Mieux vaut être entourer de ses proches pour pouvoir passer le relais. Un nourrisson n’est pas une poupée de chiffons. Une poupée ça s’répare. Le nourrisson grandira avec des séquelles. Il dira : « areu areu » toute sa vie. Pas d’avenir pour lui et ni pour vous. Vous ne voudriez pas concevoir un petit être qui a toutes ses facultés pour les lui enlever une fois qu’il à pointer son pti nez. C’est une maltraitance qui ne laissent pas de traces….sauf à longs termes.

  3. J’entend le bébé de mon voisin pleurer et crier toute la journée ça fait mal au cœur ! Comment une mère peut laisser son enfant pleurer durant des heures sans rien faire ? Un enfant à besoin de soins mais aussi d’attention !

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Cavadee : Rishi, Ramou et Rouben font un tour de l’île à pied « pour perpétuer une tradition… »

Article suivant

Saint-André : les conditions de vie préhistoriques de Jean-Fabrice Marda (VIDÉO)

Free Dom