La Communauté intercommunale Réunion Est (CIREST) engage un vaste programme d’investissements pour renforcer durablement l’alimentation en eau potable sur son territoire. Présenté ce mercredi au siège de l’intercommunalité à Saint-Benoît, ce plan 2026-2032 représente plus de 90 millions d’euros d’investissements, hors projets encore en arbitrage, qui pourraient porter l’enveloppe au-delà de 100 millions d’euros. L’objectif est de sécuriser la ressource, moderniser les infrastructures et mieux préparer le territoire aux épisodes de sécheresse qui touchent désormais aussi l’Est de La Réunion.
Au cœur de cette stratégie figure l’« Autoroute de l’Eau », un projet structurant envisagé à l’horizon 2050. Cette future interconnexion doit permettre de relier les communes de l’Est afin de diversifier les ressources disponibles et d’assurer un approvisionnement plus fiable, en particulier pour Saint-André et Bras-Panon, aujourd’hui les secteurs les plus fragiles. Cinq scénarios sont actuellement étudiés : deux reposent sur la Rivière de l’Est et trois sur la mobilisation de nouvelles ressources souterraines à Saint-Benoît et à la Plaine des Palmistes.
Le coût est estimé entre 18 et 29 millions d’euros, avec un arbitrage attendu entre 2026 et 2027. La CIREST souligne que moins de 1 % des ressources souterraines de l’Est sont aujourd’hui exploitées, alors que les hydrogéologues fixent un seuil d’alerte à 5 %. Cette réserve, estimée à plus de 200 millions de mètres cubes par an, est considérée comme stratégique pour toute l’île. L’impact sur la facture d’eau resterait limité, entre 0,08 et 0,31 euro par mètre cube selon le scénario retenu.
Le dossier met en exergue la situation particulièrement préoccupante de Saint-André, commune la plus peuplée du territoire. Passée d’environ 30 000 à plus de 50 000 habitants, elle dispose d’un réseau d’eau qui n’a pas suivi cette croissance démographique. Les coupures nocturnes récurrentes dans plusieurs quartiers sont attribuées à des installations vieillissantes et à une production devenue insuffisante.
La CIREST reconnaît un sous-investissement ancien et présente un calendrier précis : mise en service du forage de Ravine Creuse dès le second semestre 2026, nouveaux forages de prospection entre 2027 et 2029, construction du réservoir R5 de Dioré en 2028, réhabilitation du captage des Citronniers en 2029, extension de la station d’épuration en 2030, avant une sécurisation définitive grâce à l’Autoroute de l’Eau à l’horizon 2034. Plus de 6 millions d’euros seront consacrés à l’eau potable, un montant qui pourrait atteindre 10 millions après arbitrage, auxquels s’ajoutent 15 millions d’euros pour l’assainissement.
Les investissements concernent également l’ensemble des communes de l’Est:
- Saint-Benoît bénéficiera de plus de 24 millions d’euros avec la réalisation des forages Bourbier-les-Hauts et Chemin Sévère 2, la construction de l’unité de production d’eau potable (UPEP) et du réservoir de l’Olympe, ainsi que la réhabilitation de l’émissaire de la station d’épuration.
- À Sainte-Rose, une usine de potabilisation sera créée et le réseau du lotissement Leconte Delisle sera renouvelé pour un montant de 6 millions d’euros.
- Salazie profitera d’au moins 3 millions d’euros pour mobiliser la Ravine Pont de Chien, moderniser ses unités de traitement et sécuriser le captage de Mathurin 2.
- À Bras-Panon, une interconnexion avec Saint-Benoît est étudiée afin de réduire la dépendance à son unique captage, aujourd’hui particulièrement vulnérable en période d’étiage.
- La Plaine des Palmistes verra la construction d’un nouveau réservoir d’une capacité de 1 000 m³ pour un investissement de 1 million d’euros.
Au-delà des grands chantiers, la CIREST prévoit des actions communes sur l’ensemble du territoire : 4,9 millions d’euros seront investis dans le déploiement de compteurs intelligents permettant de détecter rapidement les fuites, plus de 19 millions d’euros dans le renouvellement des canalisations vieillissantes et 500 000 euros dans la distribution de 1 500 récupérateurs d’eau de pluie aux particuliers dès 2027. L’intercommunalité entend également renforcer l’autonomie énergétique des sites de production, mieux connaître les ressources du bassin de la Rivière du Mât et poursuivre les campagnes de sensibilisation à un usage responsable de l’eau. En cas de crise aiguë, elle continuera à installer des citernes d’eau non potable et à distribuer des bouteilles d’eau aux habitants concernés.
La CIREST rappelle enfin que les dispositifs d’urgence mis en place ces derniers mois, notamment à Saint-André, ont représenté jusqu’à 45 000 euros par jour pour alimenter dix sites en bouteilles d’eau et déployer des citernes. Pour la collectivité, cette réponse ponctuelle ne peut remplacer des investissements durables. Elle insiste également sur le fait qu’elle ne pourra financer seule ce programme. Dans un territoire où le taux de pauvreté dépasse 35 % et où les coûts de construction sont plus élevés qu’en métropole, elle appelle l’État, le Département, les fonds européens, l’Agence française de développement (AFD) et la Banque des Territoires à accompagner financièrement ce plan, jugé indispensable pour garantir l’avenir de l’eau dans l’Est de La Réunion.
Photos & Vidéo : Karoline Chérie


















Mr joe attend recour avant deplacer employes d apres les ont dit reorganisations
on sait jamais peut avoir surprise vu l article dernierement precipitons pas les choses
Mr bedier les reunions entre hierarchie et responsables services s enchainent pou reorganisations services et d apres bocou responsable deplace concerne les mairies service attention o responsable pou certaîn vou ete dan l colimateur
pou employes communaux incompetent ??
Quand il n’y a plus, il y a toujours et encore…
Amen !