L’économie réunionnaise a affiché une orientation favorable au premier trimestre 2026, portée par une activité soutenue dans plusieurs secteurs et une amélioration du marché du travail. C’est ce qui ressort de la dernière note de conjoncture publiée par l’Institut d’émission des départements d’outre-mer (IEDOM), qui souligne toutefois l’apparition de nouvelles incertitudes liées à la crise au Moyen-Orient.
Selon l’IEDOM, l’indicateur du climat des affaires progresse de 1,6 point pour atteindre 103,8, un niveau traduisant une perception globalement positive de la situation économique par les entreprises. Ces dernières déclarent une hausse de leur activité et de leurs effectifs au cours des trois premiers mois de l’année. Les intentions d’investissement demeurent également bien orientées, même si les inquiétudes liées aux conséquences économiques du conflit au Moyen-Orient commencent à peser sur les perspectives.
Sur le front de l’emploi, la tendance reste favorable. Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A recule de 5,9 % sur le trimestre pour s’établir à 110 520 personnes. Cette amélioration prolonge la dynamique observée à la fin de l’année 2025. Toutefois, les perspectives apparaissent plus contrastées pour les mois à venir. L’enquête Besoins en Main-d’Œuvre de France Travail fait état d’un recul de 3 % des projets de recrutement, soit environ 1 100 intentions d’embauche en moins.
L’inflation, quant à elle, est restée contenue au premier trimestre. En mars, les prix à la consommation étaient stables sur un an à La Réunion, alors qu’ils progressaient de 1,7 % au niveau national. Cette situation s’explique notamment par le mécanisme de régulation des prix des carburants sur l’île. Néanmoins, la hausse des prix du carburant intervenue en avril marque un tournant et pourrait alimenter une accélération de l’inflation dans les prochains mois.
La consommation des ménages reste par ailleurs contrastée. Si le commerce enregistre une légère progression, notamment grâce à l’augmentation des importations de biens durables, les services demeurent en retrait. Les difficultés financières persistent également pour une partie de la population. L’IEDOM relève ainsi une hausse de près de 29 % du nombre de dossiers de surendettement déposés sur un an, signe d’une fragilité persistante de certains ménages réunionnais.
Les secteurs du bâtiment et des travaux publics, de l’industrie et de l’agriculture se distinguent par leur dynamisme au cours du trimestre. En revanche, le commerce et les services affichent une activité plus modérée. Dans l’ensemble des secteurs, les professionnels interrogés expriment néanmoins des inquiétudes grandissantes face aux risques de hausse des coûts de production et aux conséquences du contexte géopolitique international sur leurs trésoreries.
Pour le deuxième trimestre 2026, l’IEDOM anticipe un environnement économique plus incertain. La poursuite du conflit au Moyen-Orient et la flambée des prix des carburants pourraient peser sur le pouvoir d’achat des ménages et conduire les entreprises à reporter certains investissements. Dans ce contexte, l’économie réunionnaise aborde les prochains mois avec davantage de prudence, malgré les bons résultats enregistrés en début d’année.













