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Les ministres aiment beaucoup la Réunion, notre belle île ensoleillée

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« Tous ces élus, tous ces ministres là i battent caré seulement avec l’argent des contribuables et pendant ce temps, la vie i augmente même et le peuple i souffre ». C’est ce qu’on entend régulièrement à la radio, la nôtre notamment et dans la rue. En tout cas, le moins que l’on puisse dire, c’est que les ministres aiment la Réunion. Ils viennent par « grappe » dans notre département de plus en plus « adoré » par les Français de l’hexagone. C’est compréhensible. L’île est belle et ensoleillée; Celles et ceux qui arrivent trouvent d’ailleurs quasi systématiquement du travail alors que, paradoxalement, le taux de chômage local bat tous les records. Mais comme on dit en créole, « la chance le chien, lé pas la chance le chatte ». Attention, ça n’a rien de vulgaire. Cela veut tout simplement dire : « à chacun sa chance ! ». Il faut reconnaître aussi que les Réunionnais sont très accueillants, contrairement à d’autres Français de certaines autres régions ultramarines. Je referme cette parenthèse.

Revenons à nos ministres. En mai dernier, la cheffe du gouvernement Elisabeth Borne était venue dans notre île accompagnée de quatre autre ministres : Marc Fesneau (Agriculture et souveraineté alimentaire), Christophe Béchu (Transition écologique et Cohésion des territoires), Olivier Klein (Ville et Logement) et Jean-François Carenco (Outre-mer).  La Première ministre et les quatre ministres avaient séjourné à la Réunion du 11 au 13 mai.

A noter que deux des quatre ministres cités ci-dessus ne sont plus au gouvernement. Ils ont été « remercié » lors du dernier remaniement. Au moins, ils auront eu l’occasion de « bat’ un caré » dans notre belle île. Entretemps, d’autres ministres ou ministres délégués, sont venus nous rendre visite, soit avant un passage par Mayotte, soit après Mayotte. C’est normal, c’est sur la même route !

Six mois plus tard, quatre nouveaux ministres sont arrivés à la Réunion. En effet, la Réunion a accueilli, hier mercredi 29 novembre, Rima Abdul Malak (Culture), Olivier Becht (ministre délégué auprès du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce, de l’Attractivité et des Français de l’étranger). Philippe Vigier (Outre-mer, qui a pris la place de Carenco, « remercié ») est arrivé quant à lui, mercredi soir, de Mayotte. Le ministre Jean-Noël Barrot (ministre délégué chargé de la Transition écologique et des Télécommunications) séjourne également dans le département. Trois de ces ministres sont repartis hier soir. Le dernier cité restera jusqu’à ce soir. Chacun avait son programme spécifique en fonction de son porte-feuille.

A quand un ministre dans les embouteillages ? Dans la vraie vie, quoi !

Rappelons que la semaine dernière, près d’une centaine de nos élus réunionnais, se trouvaient à Paris dans le cadre du congrès des maires. Le billet d’avion de 75 d’entre eux avait été financièrement pris en charge par l’Association des maires de la Réunion (AMDR). Mais il faut noter que les collectivités ont payé le billet de certains autres élus et celui des membres du cabinet et des directions générales de service. Ce qui fait bel et bien une bonne centaine d’élus et de collaborateurs. A cette occasion, ils ont eu l’occasion de rencontrer plusieurs ministres dont Philippe Vigier, délégué à l’Outre-mer, notamment lors du comité de suivi du CIOM (Comité Interministériel Outre-Mer). Ils ont pu échanger sur divers dossiers.

C’était la semaine dernière à Paris au ministère de l’Outre-mer à Paris.

Malgré tout, Philippe Vigier est revenu à La Réunion rejoindre ses collègues de la Culture, du Commerce et de la Transition écologique. Vous me direz que cela fait beaucoup de billets d’avion (en classe Business), nombre de gendarmes et de policiers mobilisés pour leur protection. Faut croire que l’Etat a les moyens. Il paraît que les ministres ont besoin de voir comment est concrètement utilisé sur le terrain l’argent de l’Etat et de l’Europe. C’est le but de leur déplacement dans l’île. Ils veulent voir de visu, toucher du doigt la réalité du terrain. C’est louable. Et puis, en passant de par chez nous, ces ministres font de belles annonces : pacte linguistique, création d’un institut créole, autonomisation de l’école d’architecture de la Réunion (au Port), aide aux entreprises exportatrices, transition écologique.  De belles annonces dont certaines (pas beaucoup) déjà effectives. Il n’est pas dit en revanche que toutes les annonces finiront par se concrétiser.

Visite de terrain, hier, jeudi 30 novembre à Sainte-Rose, pour les ministres Vigier et Abdul Malak.

De belles visites aussi sur le terrain, histoire de ne pas rester « hors sol », déconnecté de la real life, comme disent les plus jeunes. A ce titre, si je pouvais me permettre de faire une petite suggestion, je pense qu’il serait pas mal, un  de ces quatre, de laisser les ministres qui nous rendent visite le temps de vivre réellement une journée d’un citoyen lamda. Sans escorte de gendarmerie ou de la police nationale. Une vie normale dans les embouteillages, sans autorisation de brûler les feux rouge… La vraie vie, quoi ! Il faudrait également l’emmener voir la Réunion qui peine, qui souffre, qui trime et qui a malgré tout du mal à joindre les deux bouts. Or, la plupart du temps, tout est fait pour ne pas montrer la misère aux ministres qui, généralement, viennent surtout couper les rubans tricolores ou assister à des réunions feutrées, genre French Tech, le truc à la mode où l’on parle innovation et développement durable alors que les puissants de ce monde continuent à polluer de plus belle. Je referme ici cette parenthèse en vous rappelant qu’à moins d’un changement d’agenda au dernier moment, Elisabeth Borne, la Première ministre, devrait se rendre à Mayotte le 8 décembre prochain.

Un consortium pour « sauver la presse écrite locale » et « virer » le directeur général d’un des deux journaux

Les ministres viennent par « tacon » (un bonpé) vous disais-je. Puissent ces multiples séjours ministériels s’avérer bénéfiques pour notre île. Je pense précisément à la presse écrite locale qui se trouve en très grande difficulté financière, au bord de la liquidation. La ministre a promis d’accompagner la reprise du Quotidien. Vous savez que la première offre faite par un groupe de l’hexagone n’a pas été considérée comme valable par le Tribunal du Commerce.

La dynamique ministre de la Culture, au parler franc, a dit au JT de Réunion la 1ère, mercredi soir, qu’il fallait faire preuve d’optimisme. Croisons les doigts ! La subvention de 600 000 euros qui sera accordée aujourd’hui, vendredi 1er décembre, par la Région, au Quotidien devrait permettre à ce journal de voir un peu plus loin que le 13 décembre prochain, date qui avait été initialement fixée par le Tribunal de Commerce pour une nouvelle offre.

Il faut sauver le Quotidien. A l’instar de Camille, notre patron, Free Dom sera toujours aux côtés du Quotidien de la Réunion, au nom du pluralisme de la presse et de l’objectivité journalistique.

Je sais qu’Alfred Chane Pane, l’imprimeur bien connu localement, a été reçu par la ministre de la Culture hier matin. Fera-t-il une offre avant le 13 décembre ou attendra-t-il que le Quotidien soit liquidé d’ici à l’année prochaine, s’il n’y a pas de repreneur, avant de faire son offre ? Grande question !

Il est dit qu’un autre repreneur potentiel, qui n’a rien à voir avec celui de la dernière fois (le groupe de métropole), ni avec Chane Pane, devrait se manifester dans les semaines qui viennent. Wait and see ! Moi, d’après mes infos, c’est toujours le projet de consortium préparé par Alfred Chane Pane, le groupe Deleflie et une quinzaine d’autres (peut-être un peu plus) de chefs d’entreprise locaux qui serait toujours dans le circuit pour le moment. A voir ! J’entends dire que l’objectif fixé par ce consortium serait de gérer les deux titres (Quotidien et JIR) peut-être pour n’en faire qu’un à terme, tout en mutualisant l’impression et la distribution, et en réduisant drastiquement les effectifs. Mon camarade Pierrot Dupuy de Zinfos 974, proche de Chane Pane, serait lui aussi de la partie.

« De 2016 à 2021, sous la mandature de Didier Robert, le JIR a obtenu de la Région une aide de 5,3 millions d’euros contre 3,4 millions d’euros au Quotidien »

Quel que soit le ou les repreneurs, ce ou ces derniers attendent surtout un geste conséquent du gouvernement. Ils seraient d’accord à mettre un peu d’argent sur la table au nom du « patriotisme économique » et de la pluralité de la presse, à condition que le gouvernement y mette beaucoup de son côté. En matière d’aides, plus précisément d’aides régionales, il faut savoir que de 2016 à 2021, sous la mandature de l’ancien président Didier Robert, le JIR a obtenu une enveloppe financière de 5 321 618,64 euros (5,3 millions d’euros) contre seulement 3 461 315,12 € (3,4 millions d’euros) au Quotidien. Soit 1,8 millions d’euros de plus pour le Journal de l’Ile de la Réunion. J’ai aussi ouï dire qu’un des objectifs de ce consortium serait de « sauver » la presse écrite locale mais surtout pas l’un des directeurs des deux journaux menant un train de vie qui fait plus envie que pitié malgré les difficultés financières de son média.

J’espère que ce dernier ne m’enverra pas (encore) devant les tribunaux. Pour votre info, je viens de recevoir via des huissiers de Saint-Denis une citation directe devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Elle émane du directeur général et éditorialiste d’un journal local qui s’est estimé « diffamé » dans mon « Ti Kozman » du vendredi 22 septembre dernier. Il m’attaque donc, non pas devant la justice du « caillou » (pour reprendre une expression qui lui est chère), mais à Paris. Preuve qu’il doit y avoir encore un peu d’argent dans les caisses de sa société. Au cas contraire, il n’aurait pas pu se payer les services d’un avocat parisien.

Il est vrai que, mercredi soir, sur Télé Réunion la 1ère, la ministre de la Culture a déclaré que le gouvernement avait accordé une aide de 800 000 € répartie à part égale aux deux journaux locaux. Rima Abdul Malak a également souligné que Bercy a passé l’éponge sur une ardoise d’un des deux journaux. Il s’agit d’un prêt que ce même journal avait contracté. Y’en a qui ont vraiment, pour parler vulgairement, « le cul bordé de nouilles » (c’est une expression française, familière certes, mais française quand même; En tout cas, elle ne sort pas de mon chapeau), car ce n’est pas la première fois que ce canard bénéficie des largesses du gouvernement.

J’en connais des petits artisans ou des chefs d’entreprise en difficulté qui auraient tant aimé bénéficier de la générosité de l’Etat. Mais eux n’ont jamais eu cette chance et leur « boutique » ont dû faire faillite pour quelques milliers voire même quelques centaines d’euros d’impayés ou de prêts non remboursés. Défilé d’huissiers, meubles et outils de travails saisis… De véritables drames sociaux et familiaux pour quelques euros de dettes vis-à-vis de l’administration ou des banques. Force est de constater que certains sont nés manifestement sous de bonnes étoiles. Ou font partie de bons réseaux.

Je vous disais ainsi que Sinusoide, la société qui gère freedom.fr, et moi allons devoir rendre des comptes à la justice parisienne à la demande du directeur général de ce journal de la place, auteur de « la plume libre ». C’est le titre de son bouquin. Ce monsieur qui, plus d’une fois m’a traité de « Mirza » (le chien perdu de Nino Ferer), de « canidé » ou encore de « plumitif de freedom » et de « nain de jardin », me reproche dans le « Ti Kozman » daté du 22 septembre 2023 et intitulé « Sénatoriales, une histoire de gros sous ? » d’avoir écrit que, selon la rumeur, « il se serait retiré des sénatoriales contre une aide de 1,5 million d’euros en faveur de son journal avec le soutien de Cyrille Melchior, président du Département, auprès du gouvernement ».

Un petit-déjeuner à la préfecture entre le ministre des Outre-mer, Michel Fontaine, André Thien-Ah-Koon et Cyrille Melchior

Sauf que dans ce même « Ti Kozman », je prends soin de préciser que j’ai mené une rapide et petite enquête et que « Paris a démenti tout deal » du genre. J’ai précisé également que, contrairement à cette rumeur qui a circulé dans le microcosme politique, « moi je ne préfère pas m’aventurer sur ce terrain-là ».  Malgré cela, l’auteur de « la plume libre », grand défenseur de la liberté de la presse, me réclame, seulement pour ça, à moi et à freedom.fr, la somme de 25 000 euros, via la justice parisienne. Moi, qui ne suis pas vraiment adepte du syndrome de la goyave de France, je fais confiance en la justice de façon générale, qu’elle soit réunionnaise. Ou parisienne. Ce même monsieur m’avait déjà, par le passé, poussé en procès pour un mot que j’avais employé dans un de mes « Ti Kozman ». C’était le mot « combine ». A suivre !

Passons à la politique à présent. Je vous parlais de la visite des ministres, de leur programme fait de réunions, de découpage de rubans (inauguration), de gueuletons etc… Il leur arrive aussi de faire un peu de politique d’autant que les élections européennes auront lieu l’année prochaine. Cela dit, au petit-déjeuner qui s’est déroulé à la préfecture ce jeudi 30 novembre, Philippe Vigier, Michel Fontaine, André Thien-Ah-Koon et Cyrille Melchior ont surtout parlé du Sud, de la zone aéroportuaire de Pierrefonds et autres dossiers de cette région de l’île. Le ministre des Outre-mer sait que, depuis les sénatoriales, il y a de l’eau dans le gaz entre Fontaine et Melchior. L’objectif est de recoller les morceaux. « Il faut que la droite se retrouve », c’est la petite phrase à la mode, qui circule actuellement. Mais Michel Fontaine n’a toujours pas digéré l’inscription, par l’équipe de Melchior (dir cab y compris), du sénateur Stéphane Fouassin au groupe macroniste au Palais du Luxembourg.

De gauche à droite : Cyrille Melchior, président du Département; Philippe Vigier, ministre des Outre-mer et Stéphane Fouassin, sénateur Macroniste.

Le camp Fontaine dénonce « ce jeu malsain » et n’a pas non plus digéré « ceux qui n’ont pas tenu leurs engagements en donnant leur voix au Rassemblement National » lors des dernières sénatoriales. Plus rien ne sera comme avant les sénatoriales entre Michel Fontaine et Cyrille Melchior « tant qu’un climat de confiance ne sera pas rétabli ». Les élections européennes ne vont pas apaiser cette situation. Melchior soutiendra le candidat Macroniste, sans doute l’eurodéputé sortant de Renaissance, Stéphane Bijoux tandis que l’entourage de Fontaine pourrait très bien soutenir le candidat réunionnais qui sera positionné sur la liste d’Edouard Philippe (Horizons). Faut-il rappeler que le référent local d’Horizons à la Réunion s’appelle Julien Hoarau, très proche du président de la Civis, où il exerce comme dir-cab !

En parlant de Rassemblement National (RN), je vous disais, la semaine dernière, que certains laisseraient entendre que Jean-Jacques Morel (80 voix lors des sénatoriales) pourrait bientôt prendre sa carte RN en vue des prochaines municipales à Saint-Denis. D’aucuns disent que Didier Robert pourrait lui aussi s’encarter RN dans la perspective d’un retour prochain en politique (après la fin de ses affaires judiciaires en cours). Idem pour André Thien-Ah-Koon qui reste en contact étroit avec Johnny Payet, le patron du RN à la Réunion. Le calcul de ces derniers est d’une simplicité déconcertante : le prochain président de la République serait RN. A partir de là, ils anticipent. Sans compter que Didier Robert n’oublie pas que la droite et les Macronistes ne lui ont pas fait de cadeau. Ils l’ont même « largué ». A suivre !

Michel Fontaine, patron de « Les Républicains », « le boss » de la droite locale

Quelques mots de « LR » (Les Républicains). Les élections en ligne ont eu lieu samedi dernier. A la Réunion, la fédération compte un peu moins d’un millier d’adhérents. Environ 700 ont voté. Michel Fontaine reste « le boss ». Il était le seul candidat. Il a été reconduit à son poste de président. Les délégués de circonscription élus sont : Richenel Hubert (1ère circonscription); Sébastien Ibar (2ème); Gabriel Tertre (3ème); Jacques André Ango (4ème); Rosaire Moriscot (5ème); Emmanuel Virin (6ème) et Jean-Michel Talérien (7ème). Les adhérents élus au bureau national de « LR » sont : Younousse Goulam Mamode Omarjee, Sabrina Soubadou Vanamoudou, René-Paul Victoria, Julie Maho, Daniella Douraguia, Sébastien Grondin, Jessica Vellayoudom Ortain, Florence Hoarau, Dominique Fournel, Bertrand Lenclume, Jonathan Vélia, Dominique Hess et Jean-Marc Hoareau. A noter que Murielle Sisteron, candidate au bureau national, qui avait fait beaucoup de bruits et plein de yeux doux à Michel Fontaine via les réseaux sociaux, a été tout simplement « shootée ». Exit ! C’est pas demain la veille que les adhérents « LR » reparleront d’elle, notamment dans le Nord. Elle pourra toujours aller militer aux côtés de son camarade Frédéric Maillot à Saint-Denis afin de préparer les échéances de 2026 !

Quand le Covid empêche les élus du groupe Bareigts d’assister à une réunion fixée par Bello à la Région

Frédéric Maillot, l’actuel député, que la présidente de Région compte bien présenter comme candidat aux municipales de 2026 à Saint-Denis, histoire de « ziguiler » (ça veut dire mettre les bâtons dans les roues, en créole) la maire du chef-lieu qui ne lui mène pas la vie facile à la Région. Pas besoin de vous faire un dessin. Depuis le clash lors des orientations budgétaires, ça ne va toujours pas entre les deux groupes de la majorité régionale, à savoir « Avenir » de la socialiste Ericka Bareigts et « PLR » d’Huguette Bello. Ericka Bareigts avait demandé une réunion entre les deux groupes pour parler notamment de « gouvernance » et un peu aussi du prochain budget primitif qui sera examiné en assemblée plénière le 14 décembre prochain. Huguette Bello a fixé la réunion en question au lundi 27 novembre dernier. Or, du côté de Bareigts, seuls deux élus ont répondu présent. Il s’agit de Stéphane Plante et de Normane Omarjee. Les huit autres, y compris Ericka Bareigts elle même, ont brillé par leur absence. Le motif ? Covid. Réponse d’un des élus du groupe Bello : « le Covid a bon dos ». Et ce dernier de préciser : « Ericka Bareigts a senti le piège. Si elle avait assisté à cette réunion, elle aurait été obligée, à la fin de la rencontre entre les deux groupes, de signer un pacte de bonne conduite et de solidarité sur le budget pour pas que ça pète comme ce fut le cas lors de l’examen des orientations budgétaires. En n’assistant pas à cette réunion, elle garde une fenêtre de tir et elle pourra dire ouvertement ce qu’elle pense du prochain budget primitif d’Huguette Bello et de Patrick Lebreton ».

Le courant passe bien entre Huguette Bello, la présidente de Région et Michel Vergoz, maire de Sainte-Rose et conseiller régional non pas de l’opposition mais de Trait d’Union.

Réponse d’un des élus proche de la maire de Saint-Denis : « cette réunion n’aurait rien apporté du tout. C’est toujours la même chose : Lebreton et Bello nous parlent en commission comme si on était des gamins. A chaque fois, ils montent sur leurs grands chevaux et pensent nous impressionner ». Sur le pont de la Rivière de l’Est, hier, à Sainte-Rose dans la commune de Michel Vergoz, son doux opposant Trait d’Union à la Région, Huguette Bello disait dans une envolée lyrique que « les ponts, ça relie les peuples ». Reste à savoir si un pont suffira à les relier, elle et Ericka Bareigts, ou s’il ne faudra pas plutôt un viaduc.

A ce propos, c’est Pascal Plante (photo ci-dessus) qui a pris les rênes de Nexa à la place de Mickaël Sihou, connu pour être très proche d’Ericka Bareigts. « De ce fait, depuis qu’il existe des bisbilles entre Huguette Bello et Ericka Bareigts, la Région sur les conseils du cabinet ne donnaient plus les moyens nécessaires à Nexa. Raison pour laquelle, Sihou a préféré laisser la place à Plante, colistier de Bareigts mais beaucoup plus consensuel ». Mickaël Sihou reste membre de la gouvernance. Il aura plus de temps pour s’occuper d’Endemik, son mouvement qui a beaucoup œuvré dans l’Est en faveur d’Ericka Bareigts lors du premier tour des régionales de 2021.

Sophie Arzal, la nouvelle présidente du SDIS m’excusera mais c’est la seule photo d’elle que j’avais dans mes archives perso. Ici avec Daniel Gonthier, l’ancien maire de Bras-Panon dont elle a été l’adjointe.

Puisque je vous parle de Pascal Plante, comment ne pas dire un mot de Sophie Arzal, la vice-présidente du Département qui vient d’hériter de la présidence déléguée du SDIS, suite à l’élection de Stéphane Fouassin au Sénat. Une belle marque de confiance de la part de Cyrille Melchior, président du Département, envers l’élue de la Plaine-des-Palmistes, binôme d’Augustin Cazal, lui même élu de Patrice Selly à Saint-Benoit. Par les temps qui courent, tout réussit au couple Plante/Arzal qui doit sûrement faire partie de bons réseaux.

Quelques mots sur Sainte-Marie pour finir. Une bonne nouvelle : la DAF vient de donner son feu vert pour la réouverture de la cuisine centrale fermée depuis le 10 octobre dernier suite à une décision prise par la direction des services sanitaires (Etat) le 3 octobre. La cuisine centrale a de nouveau eu son agrément, mais pour l’instant c’est le DGS (Directeur général des services) préfère laisser travailler le privé « Régal des îles » jusqu’aux vacances scolaires de décembre. Laquelle société privée continuera à fournir quotidiennement les 4500 repas. L’année prochaine, tout devrait passer en DSP (délégation de service public). Qui va obtenir le marché ? Rendez-vous en 2024.

Toujours à Sainte-Marie, pour plus de proximité, paraît-il, avec la population et par manque de moyens financiers également, il a été demandé aux policiers municipaux de circuler dorénavant à vélo. Dans le même temps, la mairie vient de faire l’acquisition de deux C3 toutes neuves : l’une pour le DST (directeur du service technique) sortir de son placard en mai dernier et l’autre pour le DGA aux finances, deux responsables qui ont repris du poil de la bête grâce au DGS. On me signale par ailleurs que le service « Courriers » de la commune ne dispose toujours pas de véhicule. Quoi vous dire d’autre ? Que la mairie est en plein déménagement, que le service « Urbanisme » va sur le site de la Mare, l’Etat-Civil va prendre la place de « l’Urbanisme », que le cabinet composé de son nouveau directeur Geoffroy Géraud-Legros et du collaborateur Gaëtan Adam, se rapproche physiquement du DGS en s’installant en mairie. Rappelons qu’en février dernier, lors d’un rassemblement dans un restaurant de Saint-Benoit, 18 élus de la majorité étaient montés au créneau et avaient signé une motion pour demander la tête du DGS Teddy Nacaouelé, celle du vice-président du CCAS Gaëtan Adam et celle de Matthias Dassot. Neuf mois plus tard, Nacaouelé a plus que jamais la confiance totale du maire Richard Nirlo son « ami »; Matthias Dassot est devenu 8ème adjoint et s’est fait embaucher à la Cinor. Et Gaëtan Adam, qui avait quitté le CCAS, vient d’être nommé collaborateur de cabinet de Richard Nirlo. Non seulement, ils n’ont pas eu la tête coupée, mais aujourd’hui le maire et les 18 adjoints leur déroulent le tapis rouge. Elle est pas belle la vie ! Les mauvaises langues diront que les élus sont « alimentaires » et « avides de pouvoir »… Ce sera tout pour aujourd’hui.

Y.M.

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Yves Mont-Rouge

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Téléphone : 0692 85 39 64

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