Tour Voile 2026 : l’équipage La Réunion signe une encourageante 4e place entre Saint-Malo et Plérin

5 min de lecture

« Plérin, le 2 juillet 2026 – Après des premiers jours de compétition marqués par quelques frustrations, l’équipage La Réunion a franchi un cap en décrochant une 4e place sur la deuxième étape offshore reliant Saint-Malo à Plérin, au terme d’un parcours exigeant de 180 milles nautiques.

À bord du Figaro 3 aux couleurs de La Réunion, Léo Jean-Albert à la barre, Aurélien Barthélémy à la stratégie et à la tactique, Lorenzo Palazzi au poste de n°1 et Eve Durbant comme floater ont dû composer avec l’un des parcours les plus complets de cette première semaine de compétition.

Le parcours débute à Saint-Malo, d’où la flotte fait route vers le Nord-Ouest pour contourner la première marque. Les Figaro 3 remontent ensuite vers le Nord-Est, en direction du nord des îles Anglo-Normandes, pour aller chercher la deuxième marque.

De là, ils entament une descente vers le Sud-Est jusqu’aux troisième et quatrième marques situées au large de Granville.

Le tracé traverse ensuite la baie d’Est en Ouest, repassant ainsi au large de Saint-Malo, à destination de la cinquième marque, avant de s’achever par une descente plein sud vers le fond de la baie de Saint-Brieuc pour franchir la ligne d’arrivée à Plérin.

Des passes techniques aux abords des îles jusqu’aux grandes portions ouvertes menant vers les Héaux de Bréhat, ce parcours exigeait une lecture fine des marées et des effets de terre. Face à une concurrence aussi compacte, chaque décision tactique prenait une dimension cruciale, capable de bouleverser la hiérarchie à tout moment.

Après une première étape où la vitesse avait été déterminante, ce parcours s’est construit au fil d’une succession de choix stratégiques et de manœuvres qu’il fallait négocier sans jamais relâcher l’attention.

Tour Voile 2026, Départ du ralliement entre Saint-Malo et Plérin Baie de Saint-Brieuc, le 31er Juillet 2026, Photo © Jean-Marie LIOT / Tour Voile

Une navigation exigeante où chaque détail compte

Pour Aurélien Barthélémy, chargé de la stratégie et de la tactique sur cette étape, cette traversée a confirmé le niveau d’exigence du Tour Voile. Parcours assumé pour l’équipage La Réunion avec toutefois quelques erreurs stratégiques et tactiques qui lui ont coûté quelques places.

« C’était un parcours où il fallait constamment changer de rythme. On passait d’un bord de près où il fallait simplement aller vite à des enchaînements de virements toutes les trente secondes, très près des cailloux, avec du courant et de la mer. Là, le niveau de danger augmente très vite et il faut être capable de prendre les bonnes décisions au bon moment. »

Le stratégiste revient notamment sur un choix qui a coûté de précieuses longueurs :

« Devant Saint-Malo, ce matin, trois bateaux sont passés au plus près de la côte. Vu de la cartographie, je pensais que ça ne passait pas, mais il y avait finalement un passage. Nos adversaires l’ont trouvé. Ils ont eu plus de vent, un meilleur angle et moins de courant. Là, nous avons perdu énormément de distance. »

Malgré cela, Aurélien Barthélémy retient les progrès accomplis :

« C’était la première fois que j’assurais seul toute la stratégie et la navigation sur un offshore de ce niveau. Je suis content de l’avoir fait et de l’avoir assumé. On avait bien préparé cette étape en amont avec Jules Delpech et Jules Ducelier.

Je trouve aussi que toute l’équipe a vraiment progressé. Pour Eve et Léo, c’est seulement leur deuxième offshore sur le Tour et ils ont plutôt bien tenu la route. »

Une course intense jusqu’aux derniers milles

Pour Eve Durbant, cette étape restera marquée par son intensité.

« Ils nous ont fait faire des ronds entre Saint-Malo, Plérin et les îles Anglo-Normandes. On savait que l’arrivée n’était pas loin, mais on continuait à tourner. Psychologiquement, c’était un peu dur. Avec une traversée comme Cherbourg-Saint-Malo, on a une vraie route à suivre. Là, c’était différent. »

La navigatrice souligne également le travail réalisé à la stratégie par Aurélien Barthélémy :

« Aurélien a pris le rôle de tacticien avec les conseils de Jules Delpech et Jules Ducelier. Franchement, il a fait ça comme il faut, comme d’habitude. Il a pris des décisions tactiques engagées pour essayer de gagner sur les adversaires. Parfois ça s’est avéré heureux, parfois moins, mais il a gardé son cap, et ça, c’était rassurant. »

Une flotte d’un très haut niveau

Au-delà du résultat, Eve Durbant retient le niveau exceptionnel de la compétition.

« Les Figaro 3 du Tour Voile ont un très bon niveau. Là, il faut trouver la route la plus efficace possible pour gagner sur ses adversaires. C’est vraiment une compétition de haut niveau. Je suis fière d’être là et de prendre part à ce type de navigation. »

Cette deuxième étape constitue également une nouvelle expérience pour la navigatrice :

« J’arrive avec un trio qui navigue déjà beaucoup ensemble. Ce n’est pas toujours évident de trouver sa place, mais ils ont réussi à m’en faire une. Réussir à prendre sa place fait partie de l’apprentissage. »

Des ambitions qui s’ajustent, sans perdre de vue l’objectif

Pour Lorenzo Palazzi, cette quatrième place confirme surtout la qualité du plateau réuni sur cette édition du Tour Voile.

« Sportivement, c’était intéressant. On a passé toute la fin de l’offshore à jouer avec les autres équipages. Mais on voit aussi que les trois bateaux devant nous comptent deux ou trois professionnels qui naviguent toute l’année ensemble. Il y a une vraie différence de niveau technique et stratégique. »

Le n°1 de l’équipage y voit une étape supplémentaire dans la progression du projet réunionnais.

« Il faut adapter nos ambitions au niveau de la concurrence et continuer d’apprendre. La formation et l’apprentissage sont des objectifs forts de ce projet. On apprend énormément sur la météo, la stratégie et chacun progresse dans son rôle. Toute l’équipe est aujourd’hui bien rodée, sur l’eau, comme avec notre organisation à terre, et c’est ce qui nous permet d’avancer sereinement. »

Des progrès confirmés à la barre

À la barre du Figaro 3, Léo Jean-Albert retient avant tout le plaisir pris sur l’eau et les progrès réalisés.

« Il y a eu plein de phases où c’était vraiment sympa. On s’est bien amusés et le bateau avançait plutôt bien. Sur la fin, il y a eu un dernier bord vraiment intéressant. J’ai pris beaucoup de plaisir. »

Léo Jean-Albert estime avoir progressé :

« Il y a eu pas mal de progrès sur la technique à bord. J’ai appris beaucoup de choses, notamment sur le timing des manœuvres au portant dans une mer croisée. »

Après les frustrations exprimées à Saint-Malo, cette quatrième place vient illustrer la progression de l’équipage La Réunion dans une flotte au niveau particulièrement relevé.

Solides dans les phases techniques et toujours engagés dans la bataille, l’équipage La Réunion relance sa progression et aborde la suite du Tour Voile avec une confiance renouvelée, forts des enseignements accumulés depuis le départ de cette 47e édition. »

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Article précédent

Bois d’Olive : un appartement détruit par un incendie, un acte criminel évoqué par des témoins

Free Dom