La mobilisation des assistants familiaux de La Réunion se poursuit. Ce jeudi encore, ces professionnels de la protection de l’enfance ont maintenu leur mouvement de grève pour dénoncer leurs conditions de travail et réclamer une meilleure reconnaissance de leur métier. Une situation qui s’est invitée jusque dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, où le député réunionnais Frédéric Maillot a interpellé le gouvernement sur les difficultés rencontrées par ces familles d’accueil.
Prenant la parole devant les députés, l’élu a tenu à rappeler le rôle essentiel joué par les assistants familiaux auprès des enfants placés. « Ce sont ces femmes qui ouvrent leurs cœurs et leurs portes pour accueillir des enfants dont le parcours est bien souvent difficile », a-t-il souligné. Selon lui, ces professionnels sont aujourd’hui confrontés à une dégradation constante de leurs conditions d’exercice, avec des accueils qui dépasseraient parfois les capacités prévues par leurs agréments et une charge de travail qui s’exerce sans interruption, de jour comme de nuit.
Frédéric Maillot a également dénoncé l’épuisement d’une profession qu’il juge insuffisamment reconnue et rémunérée. Le député estime que la logique actuelle privilégie les impératifs de gestion au détriment de la qualité de l’accompagnement proposé aux enfants confiés à l’aide sociale à l’enfance. Il a notamment alerté sur les conséquences que cette situation peut avoir sur les familles d’accueil elles-mêmes, évoquant des tensions familiales croissantes et un risque de découragement chez de nombreux assistants familiaux.
L’élu réunionnais s’est également inquiété d’une baisse progressive du nombre de professionnels prêts à s’engager dans cette mission. Selon lui, le manque de soutien, d’écoute et d’accompagnement de la part des employeurs contribue à fragiliser tout le dispositif de protection de l’enfance. Il a par ailleurs affirmé que les assistants familiaux réunionnais seraient moins bien rémunérés que leurs homologues de l’Hexagone, une situation qu’il juge difficilement justifiable au regard des responsabilités assumées au quotidien.
Face à cette crise, Frédéric Maillot a appelé le gouvernement à intervenir auprès du Département de La Réunion, compétent en matière de protection de l’enfance. « Votre parole compte », a-t-il lancé à l’adresse du ministre, l’invitant à porter les revendications des assistants familiaux auprès de la collectivité. Alors que le mouvement social se poursuit sur l’île, les professionnels concernés attendent désormais des réponses concrètes sur leurs conditions de travail, leur rémunération et l’avenir de l’accueil familial à La Réunion.













