Nomination d’un “non local” à la tête du CNFPT: les élus locaux, pas contents, réagissent !

14 min de lecture
23

Ericka Bareigts démissionne du Conseil Régional d’Orientation de La Réunion

Dans un communiqué, Ericka Bareigts explique les raisons de sa démission du Conseil Régional d’Orientation de La Réunion : « J’ai appris aujourd’hui la nomination de Monsieur Mehdi Boukerrou au poste de directeur de la Direction Régionale du CNFPT de La Réunion. Cette nomination va à l’encontre du combat que je mène depuis des années pour favoriser, à compétences requises, le parcours de Réunionnais compétents. J’ai donc pris la décision de démissionner de mes fonctions au Conseil Régional d’Orientation de La Réunion (CNFPT) où je viens d’être élue. »

Le SAFPTR démissionne du Comité Régional d’Orientation du CNFPT

En guise de protestation à la nomination du nouveau Directeur Régional du CNFPT de La Réunion, les deux représentants du SAFPTR (M. Fontaine et M.Mitride), Syndicat Autonome de la Fonction Publique Territoriale de La Réunion, syndicat majoritaire du CRO (Comité Régional d’Orientation du CNFPT de La Réunion) ont présenté ce jour leur démission en protestant vivement contre cette
nomination et les méthodes employés à ce recrutement, faisant fi des compétences locales nombreuses et capables.

Le Centre national de la fonction publique territoriale (CNFPT) est une des structures de gestion nationale de la fonction publique territoriale. En tant que partenaire social, membre du Conseil d’Administration du CNFPT national et de son Comité Régional d’Orientation, nous n’avons jamais été consultés sur cette procédure de recrutement. Au-delà des contestations « après coup » des élus, nous constatons surtout le manque d’anticipation et d’union sur un recrutement majeur dans la gestion des carrières et la formation de nos collègues.

Notre fédération va solliciter sans délai le Président du CNFPT, M. François DELUGA, afin de suspendre cette nomination et nous préciser les conditions de ce recrutement non transparent.

Le Bureau du SAFPTR

Le CNFPT répond au SAFPTR et continue d’ignorer la voix des Réunionnais

Face à l’ampleur de la contestation et à la dénonciation des méthodes utilisées pour le recrutement du nouveau Directeur Régional du CNFPT de La Réunion, le Syndicat Autonome de la Fonction Publique de La Réunion a interpellé en qualité de membre du Conseil d’Administration national le Directeur du CNFPT.
Dans une réponse transmise, non pas par le président (alors qu’il a été personnellement interpellé), mais par son Directeur de Cabinet (ci-joint), celui-ci persiste et signe dans la démarche entamée par son organisation du recrutement non transparent et non concerté à ce poste de Direction majeur dans l’organisation de la fonction publique territoriale de La Réunion.

Malgré notre interpellation ainsi que celle de la quasi-totalité des autorités territoriales et de leurs représentants, le CNFPT et ses dirigeants font preuve de mépris continu envers La Réunion et ses représentants légitimes. Par ce comportement, c’est tout le peuple réunionnais qui est méprisé. Cette attitude, dans une période de crise sanitaire, sociale et politique, qui nécessite plus que jamais l’établissement d’un dialogue social apaisé et constructif, ne fera qu’alimenter les tensions et les injustices sociales. Leurs auteurs en prendront toutes les responsabilités.

Sans plus attendre, nous interpellerons le Ministre de la Fonction Publique afin que ce recrutement soit annulé et que la concertation soit dorénavant de mise dans ce processus de recrutement.

Le Bureau du SAFPTR

Didier ROBERT : «Je dénonce la nomination d’un candidat sans ancrage local »

« Je dénonce fermement le fait que des considérations d’opportunité aient pu prévaloir lors de la nomination du nouveau directeur du CNFPT. Etaient également candidats, des Réunionnaises et des Réunionnais cadres territoriaux locaux,  avec les  qualifications requises et faisant état d’une forte expérience et pratique des Collectivités réunionnaises ; des éléments indispensables pour l’exercice de cette mission.

Je regrette que le choix du recrutement de ce nouveau directeur se soit porté sur le profil sans ancrage local, d’une personne arrivée récemment sur l’île, et n’ayant jamais exercé  dans une de nos collectivités locales.

Que ce soit pour le Centre National de la Fonction Publique Territoriale, ou pour les autres institutions de la Réunion, le recrutement local doit être privilégié avant toute autre considération partisane. Manifestement les critères objectifs d’expérience et de connaissance du milieu réunionnais, ont été méprisés au profit d’autres contingences.

Ce dédain envers les Réunionnais qu’ils soient élus ou administratifs et s’agissant du plus grand territoire ultra marin de France, constitue un précédent inadmissible qui laissera à n’en pas douter des traces profondes.

Il s’agit pour moi d’une question de principe et de valeurs que je porte et que j’ai toujours exprimées.

Le mépris de cette règle, constitue une véritable injure qui est faite à nos jeunes et moins jeunes, qui ont fait le choix de se former ici ou ailleurs. Je le dénonce encore plus fermement »

Mario Moreau, délégué régional du CNFTP, réagit

Le Président du CNFPT national, dont le siège est à PARIS, a désigné jeudi dernier la personne qui va remplacer la directrice de la délégation Réunion qui part en retraite au mois de juin prochain.

Je rappelle que le CRO (Conseil Régional d’Orientation) que je préside en tant que Délégué Régional du CNFPT Réunion, n’a pas la compétence pour les recrutements au sein de la délégation mais est consultée pour donner un avis sur :

  • Les crédits affectés à la délégation Réunion au sein du budget de l’établissement ;
  • Sur l’exécution de ses crédits et sur le rapport annuel d’activité de la délégation.

Le CRO fait également des propositions en matière de formation et de pédagogie.

La délégation Réunion a fait beaucoup d’efforts pour mettre en place le cycle supérieur de management pour les cadres territoriaux expérimentés (déjà 3 cycles effectués).

Cette formation exigeante et diplômante, centrée autour de la posture et des compétences demandées aux cadres dirigeants, est notamment orientée vers l’efficience de l’action managériale.

Depuis plusieurs années des cadres territoriaux ont été récompensés de leur engagement et investissement personnel, puisqu’une quinzaine de cadres ont été reçus soit au concours ou à l’examen professionnel en A+, à savoir, Administrateur territorial ou Ingénieur en chef.

Plusieurs cadres supérieurs totalement investis dans les collectivités à La Réunion ont fait acte de candidature à la direction du CNFPT Réunion, mais le Président du CNFPT a pris en compte une autre candidature pour des raisons qui lui appartiennent.

Ni les efforts faits par la délégation depuis plusieurs années pour former les A+, ni l’engagement personnel des cadres territoriaux n’ont été pris en compte

J’ai eu l’occasion de dire au Président du CNFPT, par la voie de son directeur de Cabinet, que l’ancrage local et la parfaite connaissance des 73 collectivités à La Réunion doivent être privilégiés. Puisse que tel n’est pas le cas, je regrette de constater que ce n’est pas le bon message qui a été envoyé aux cadres supérieurs qui ont beaucoup travaillé pour faire évoluer leur trajectoire professionnelle, ainsi qu’à la mise en œuvre des changements nécessaires à la rénovation de l’action publique de façon adaptée au contexte social et humain de notre territoire.

En tant qu’élu local et délégué régional du CNFPT, je salue le parcours effectué par les administrateurs et ingénieurs en chef à la Réunion, comme tous les autres cadres dirigeants.

Je les rassure sur ma volonté, ainsi que la volonté de tous les membres de mon CRO, de continuer à proposer des programmes de formations ambitieux pour l’ensemble des agents et cadres territoriaux à la Réunion.

Le CREFOM appelle au boycott du Conseil Régional d’Orientation

Encore une fois un poste de responsabilité échappe aux réunionnais par le biais de réseaux. Le constat est réel. Les administrations et organisations nationales ont compris qu’il fallait détourner à leur profit le concept de « présence sur le territoire » en nommant des personnes en poste à La Réunion depuis peu et les hexagonaux ont compris aussi qu’il fallait s’installer d’abord et demander les postes après…

Il suffit pour se dire réunionnais aujourd’hui d’être présent sur le territoire quelle que soit la durée. La nomination de M.Mehdi Boukerrou au poste de directeur du CNFPT REUNION a provoqué une levée de protestations particulièrement de nos élus.

Le Crefom partage avec eux la ligne politique selon laquelle une priorité doit être donnée au sein de notre territoire aux réunionnais en raison de la connaissance du contexte local et de l’ancrage territorial avéré. Ce principe ne doit pas être détourné. Les décideurs nationaux pensent toujours qu’à La Réunion il y a souvent une levée de boucliers mais qu’une semaine après tout est terminé et les choses reprennent leur cours…

Donc pour l’instant il suffit au CNFPT national de se mettre à couvert le temps de la tempête médiatique…

Le Crefom ne peut que se féliciter de la prise de position de nos élus, et les appelle à aller plus loin en joignant les actes à la parole…Le Crefom demande à nos dirigeants de collectivités (Conseil Régional, Conseil Départemental et des Mairies) siégeant au CRO (Conseil Régional d’Orientation) à prendre la seule décision susceptible de faire reculer la direction nationale du CNFPT, en suspendant la participation de leurs représentants et élus au sein de cet organisme afin d’obtenir l’annulation de cette nomination..

Le Crefom estime être de son devoir, conformément à sa ligne politique d’appeler à une action d’envergure des participants au CRO. Les paroles ne suffisent plus, il faut en effet boycotter cette instance car il est à craindre que la nouvelle direction locale trouve un terrain favorable à l’expansion des cadres hexagonaux au sein des collectivités territoriales jusqu’ici préservées.

Le Délégué Régional, Richel SACRI

Cyrille Melchior, Président du Conseil Départemental, réagit 

Le CNFPT vient d’annoncer la nomination de Monsieur Mehdi Boukerrou au poste de directeur général de cet établissement concourant à l’emploi et à la formation des agents, et à l’accompagnement des collectivités territoriales. Sans préjuger des compétences de Monsieur Boukerrou, je ne peux que regretter cette décision prise alors même que de nombreux Réunionnais vivant sur notre territoire possèdent toutes les aptitudes pour diriger cet organisme.

Depuis plusieurs années, les élus locaux défendent le respect d’un principe : « à compétence égale, il convient de prioriser le savoir-faire local ». Force est de constater que ce principe n’a pas été respecté dans le cadre de cette nomination au regard des connaissances avérées des réalités de notre département.

Pourtant, il est indéniable que l’île compte des femmes et des hommes brillants, possédant de grandes qualités humaines et professionnelles pour assumer cette mission à responsabilité. Il est essentiel et ce, encore plus aujourd’hui, de privilégier le recrutement local d’autant plus dans la fonction publique qui se doit d’être exemplaire en termes d’inclusion, d’égalité des chances, et de prise en compte des réalités des territoires.

Je dénonce cette décision et demande instamment au CNFPT d’examiner à nouveau cette nomination en incohérence avec les discours prônés. En attendant la décision du CNFPT, le Département suspend sa participation au Conseil Régional d’Orientation.

Le député Jean-Hugues Ratenon : « la solution n’est pas la démission »                                                                     

Je souhaiterais ici, comme beaucoup de Réunionnais m’indigner concernant la nomination d’un non natif du territoire au poste de directeur du CNFPT de La Réunion. Paris et le réseau métropolitain décident sans consulter les élus de la Réunion.

Un affront de plus via ce genre d’attitude et de comportement qui sont de moins en moins toléré par la population car encore une fois cela contribue à détruire la cohésion et le vivre ensemble sur notre territoire.                                                     Encore un poste à responsabilité qui échappe aux réunionnais par le biais de réseaux. Un réseau très présent, puisqu’on les retrouvent entre autres dans nos hôpitaux ainsi que dans d’autres domaines. Le CREFOM a raison de dénoncer le terme « présence sur le territoire » car beaucoup d’hexagonaux ont bien compris l’astuce en s’installant un peu à l’avance sur le territoire.

Je demande donc à M. Mehdi BOUKERROU qui vient d’être nommé au poste de directeur du CNFPT REUNION de faire marche arrière par respect envers les Réunionnais et ceux qui s’investissent pour acquérir des compétences.              Le CREFOM a raison une fois de plus en disant que les élus membres doivent aller plus loin car OUI, il faut dénoncer, mais joindre les actes à la parole est nécessaire. Des actes qui peut-être redonneront de l’espoir aux Réunionnais victimes de privation de carrière et d’emploi.

Si le directeur n’agit pas de lui-même, la solution n’est surtout pas la démission des élus Réunionnais mais comme le CREFOM, je demande aux élus (Conseil Régional, Conseil Départemental et des Mairies) siégeant au CRO (Conseil Régional d’Orientation) de suspendre leur participation, entrainant un blocage de cet organisme, afin d’obtenir l’annulation de cette nomination »

Patrick Lebreton, maire de St-Joseph : « Reconsidérons cette décision »

C’est un sujet qui revient de façon cyclique dès qu’une nomination à un poste régional clé intervient aux dépens de Réunionnais. Hier, la désignation d’un nouveau Directeur Régional au Centre National de la Fonction Publique Territoriale n’a pas échappé à cette règle.

L’empressement de certains à des formes de réaction diverses, dans un contexte pré-électoral, conduit encore malheureusement à la stigmatisation d’un homme. Dans les milieux autorisés, il se dit aujourd’hui que cette question était sur la table depuis trois semaines. Pourquoi n’arrivons-nous toujours pas à La Réunion à faire valoir notre capacité à prendre des responsabilités, alors que les Réunionnais sont toujours plus formés et diplômés ?

Le 4 décembre 2013, en tant que Député, j’ai remis à M. Victorin Lurel, alors Ministre des outre- mers, mon rapport sur la régionalisation de l’emploi en Outre-Mer. Vingt-cinq propositions parmi lesquelles j’avais préconisé dès la proposition numéro 2 de « Créer dans chaque DOM, un observatoire local de la régionalisation de l’emploi outre-mer ».

Il y a 8 ans, cette proposition avait été perçue, par quelques-uns, comme une énième instance. Et pourtant, celle-ci aurait joué pleinement son rôle dans la circonstance actuelle. De ce rapport, seule la proposition 15, relative aux Centres d’Intérêts Matériels et Moraux, a été retenue dans la loi sur l’égalité réelle Outre-Mer en 2017.

Ce nouvel épisode sur la régionalisation de l’emploi démontre encore une fois que nous sommes dans la réaction au lieu d’être une force de proposition. En 2014 et 2016, en tant que Député, je n’ai pas fui cette question. Bien au contraire, j’ai affronté le pouvoir parisien et ses réseaux. Je me suis battu pour que deux postes de direction, l’un à la tête des hôpitaux et l’autre de la police nationale, soient confiés à des Réunionnais qui ont depuis fait la preuve de leurs compétences ; il en fut de même pour le poste de Recteur de la Réunion toujours en 2016.

Depuis, la situation n’a pas avancé. Nous sommes toujours en train de réagir au cas par cas.
Il est grand temps qu’un cadre clair et compris de tous soit posé, donnant ainsi une perspective et une valeur d’exemple à nos jeunes futurs diplômés de la Réunion. Mon rapport de 2013 sur la régionalisation de l’emploi avait le mérite de poser les bases de cette réflexion.
Il convient peut être aujourd’hui de s’en emparer, de le compléter, de le réactualiser au contexte de notre époque et enfin de le mettre en application. Un pas nécessaire qui pourrait nous éviter à l’avenir une telle situation qui met en difficulté une institution et un homme. Il n’est cependant pas trop tard pour rectifier cette erreur. Assumons nos responsabilités. Refusons cette situation, refusons la résignation. Exigeons du Président du CNFPT National la suspension de cette nomination dans un premier temps. Un temps nécessaire pour reconsidérer cette nomination ».

La Municipalité de Saint-Paul dénonce un choix parisien effectué sans concertation avec les élus réunionnais

Le Centre National de la Fonction Publique Territoriale a décidé, de sa propre initiative, de nommer à la direction de son antenne régionale de La Réunion un candidat sans aucune concertation avec les élus locaux.

Il existe pourtant de nombreux cadres supérieurs compétents ayant atteint le grade d’Administrateur Territorial, et ayant une grande connaissance des enjeux locaux et une maîtrise parfaite de nos spécificités.

Les élus de la Municipalité de Saint-Paul dénoncent un choix, imposé par Paris, effectué de manière arbitraire pour satisfaire des intérêts politiques nationaux sans rapport avec la réalité réunionnaise, au mépris des compétences locales.

Dans ces conditions, la Ville annonce que les deux élus siégeant au Conseil Régional d’orientation, Tristan FLORIANT et Pascaline CHEREAU-NÉMAZINE suspendent, dès à présent, toutes leurs activités.

Jean-Luc POUDROUX, député de La Réunion, s’exprime

J’ai appris comme tous les Réunionnais que la nomination du directeur régional du CNFPT à La Réunion se décidait à Paris et que La Réunion n’avait pas droit au chapitre ou si peu. Je ne comprends pas pourquoi une ou un candidat réunionnais, pourtant extrêmement compétent et qui a une expérience forte dans la fonction publique territoriale, n’ait pas été retenu. Quelle perspective d’avenir donne t-on aux Réunionnais méritants et compétents qui voudraient faire leur carrière à La Réunion ? Je dénonce de manière très ferme à mon tour de telles modalités de recrutement qui sont d’un autre temps et je demande au Gouvernement de veiller à ce que l’égalité des chances des Réunionnais devienne réalité.

Jean-Luc POUDROUX
Député de La Réunion

Réaction de Didier Robert suite au retrait du candidat retenu au poste de Directeur de la délégation Réunion du CNFPT

« Suite au retrait du candidat retenu au poste de Directeur de la délégation Réunion annoncé ce jour par le CNFPT, je me félicite de la décision du Président du Centre National de la Fonction Publique Territoriale, de relancer une procédure de recrutement à ce même poste de direction.

J’appelle de mes vœux, que cette procédure soit effectuée de façon transparente et également que les candidats réunionnais puissent ainsi faire valoir leur expérience et savoir-faire en toute équité ».

Didier Robert

Président de la Région Réunion

0 0 votes
Note de l'article
S'inscrire
Me notifier des
23 Commentaires
plus de votes
plus récents plus anciens
Commentaires en ligne
Afficher tous les commentaires
Article précédent

Karine Nabenesa à Didier Robert : « Monsieur le Président, vous avez oublié des éléments de votre bilan !»

Article suivant

NRL : « il faudra attendre encore 2 ans pour que la totalité de la route soit livrée » Didier Robert

Free Dom