Les unités légales réunionnaises créent 8,7 milliards d’euros de valeur ajoutée en 2021

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En 2021, les unités légales réunionnaises des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers créent 8,7 milliards d’euros de valeur ajoutée, pour un chiffre d’affaires de 28,9 milliards d’euros. Leur investissement s’élève à 2,3 milliards d’euros.

À La Réunion, les unités légales sont très majoritairement de petite taille : sept sur dix n’emploient aucun salarié. Toutefois, l’activité économique de l’île est majoritairement portée par les structures de 10 à 249 salariés : elles regroupent 57 % des salariés, réalisent 54 % du chiffre d’affaires et génèrent 49 % de la valeur ajoutée. À eux seuls, les secteurs du commerce, de l’enseignement-santé humaine-action sociale, des services aux entreprises et de la construction créent plus de la moitié de la valeur ajoutée. Le taux de marge s’élève à 36 % mais à seulement 31 % pour les structures employeuses. Il varie selon les secteurs, tout comme la rentabilité économique.

L’activité des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers progresse vivement en 2021, après une année 2020 en retrait. Elle dépasse ainsi largement son niveau d’avant-crise sanitaire. Toutefois, les secteurs des transports-entreposage et de l’hébergement-restauration n’ont pas retrouvé leurs niveaux de 2019.

52 480 unités légales génèrent une valeur ajoutée de 8,7 milliards d’euros

En 2021, 52 480 unités légales des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers, ont leur siège social à La Réunion. Elles créent une valeur ajoutée de 8,7 milliards d’euros (0,7 % de la valeur ajoutée des entreprises françaises hors Mayotte), pour un chiffre d’affaires de 28,9 milliards d’euros.

Parmi ces unités légales, plus de neuf sur dix, soit 48 710, sont indépendantes c’est-à-dire qu’elles jouissent d’une autonomie de décision. Elles ne génèrent cependant que la moitié de la valeur ajoutée totale dégagée par les unités légales réunionnaises. Les autres unités légales, seulement au nombre de 3 770, font partie d’ « entreprises au sens économique » selon la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008. Elles génèrent à elles seules l’autre moitié de la valeur ajoutée. Parmi elles, 2 770 font partie d’entreprises au sens économique ayant leur siège social à La Réunion ; elles sont à l’origine de 27 % de la valeur ajoutée globale. Les 1 000 autres unités légales sont intégrées dans des entités économiques ayant leur siège social ailleurs en France et induisent 24 % de la valeur ajoutée totale.

Les unités légales de 10 à 249 salariés concentrent l’emploi et la création de richesse

Les unités légales réunionnaises sont très majoritairement de petite taille : sept sur dix n’emploient aucun salarié. Les unités employeuses, au nombre de 15 000, emploient au total 122 500 salariés. Environ 83 % d’entre elles emploient de 1 à 9 salariés, 17 % de 10 à 249 salariés, et 0,2 % 250 salariés ou plus.

Les unités légales de 10 à 249 salariés portent principalement l’activité économique de l’île : elles emploient 57 % des salariés, réalisent 54 % du chiffre d’affaires et génèrent 49 % de la valeur ajoutée régionale (figure 1). Mais elles ne sont à l’origine que de 43 % de l’investissement total. En effet, les grandes unités légales, de 250 salariés ou plus, seulement au nombre de 37, investissent davantage que les autres : elles réalisent à elles seules un quart des 2,3 milliards d’euros d’investissement total.

Cette publication est basée sur la définition juridique de l’entreprise : l’unité légale. Sont fournis en complément des résultats selon la définition économique de l’entreprise, au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 (encadré).

Quatre secteurs génèrent plus de la moitié de la valeur ajoutée totale des unités légales

Quatre secteurs génèrent une part importante de la création de la valeur ajoutée : l’enseignement, la santé humaine et l’action sociale (hors secteur public), les différents services aux entreprises, le commerce de détail hors véhicules et la construction (figure 2). Ces secteurs induisent 53 % de la valeur ajoutée créée par les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers.

L’industrie est à l’origine d’un peu moins de 16 % de la valeur ajoutée totale, dont 6 % pour les seules industries de fabrication d’aliments et de tabac. À l’inverse, les unités légales de l’hébergement-restauration ne génèrent que 3 % de la valeur ajoutée créée.

La valeur ajoutée induite par les unités légales est répartie entre les ménages qui perçoivent des salaires, les administrations publiques qui perçoivent des cotisations sociales et des impôts (nets de subventions) et les unités légales elles-mêmes qui en conservent une partie pour financer leurs investissements et rémunérer le capital, notamment les dirigeants non salariés.

En 2021, la rémunération des salariés représente 48 % de la valeur ajoutée, les impôts sur la production (nets des subventions) 3 % et les cotisations sociales 14 %. La part restant aux unités légales, l’excédent brut d’exploitation (EBE), s’élève à 35 % (figure 3).

Ce partage de la valeur ajoutée diffère selon le secteur, car il reflète les différences de structure de production entre travail et capital. Par exemple, certains secteurs comme les activités immobilières utilisent, pour pouvoir produire, relativement plus de moyens matériels que de main-d’œuvre. En 2021, dans ce secteur, la part des salaires dans la valeur ajoutée est la plus faible (18 %). Inversement, le secteur de l’hébergement-restauration utilise moins de moyens matériels mais plus de main-d’œuvre ; la part des salaires qu’il verse culmine à 78 % de la valeur ajoutée.

Le taux de marge et la rentabilité économique, très variables selon le secteur d’activité

Le taux de marge mesure la proportion de la valeur ajoutée au coût des facteurs qui reste à l’unité légale après avoir payé les salaires et cotisations sociales.

À La Réunion en 2021, le taux de marge pour l’ensemble des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers s’élève à 36 %. Il varie selon les secteurs de 18 % pour le secteur des transports-entreposage, qui emploie beaucoup de main-d’œuvre, à 71 % pour les activités immobilières qui ont besoin d’engager des moyens plus importants dans leur cycle d’exploitation et d’investissement (figure 4).

Pour autant, le taux de marge se mesure le plus souvent sur les seules unités légales employeuses puisque celui des structures sans salarié atteint fréquemment 100 %. Par exemple, l’entrepreneur individuel, bien qu’il puisse comptabiliser une partie de ses revenus ou de ses cotisations sociales obligatoires en charges de personnel, se rémunère le plus souvent sur le résultat de son entreprise sans retenir de charges de personnel. Ainsi, le taux de marge pour l’ensemble des unités légales employeuses s’élève à 31 %. L’écart entre le taux de marge total et celui des unités légales employeuses est particulièrement marqué dans les secteurs de l’enseignement-santé humaine et action sociale (-14 points) et des activités immobilières et de la construction (-7 points) en raison de la présence de nombreuses unités légales sans salarié dans ces secteurs.

Qu’il soit faible ou élevé, le taux de marge n’induit pas nécessairement une rentabilité économique du même niveau. Un taux de marge élevé peut se traduire par un taux de rentabilité économique faible lorsque l’activité nécessite un capital d’exploitation important pour produire. C’est le cas pour les activités immobilières : la rentabilité économique est la plus faible des secteurs (3 % contre 12 % pour l’ensemble des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers), alors que son taux de marge est le plus élevé. C’est également vrai dans une moindre mesure pour le secteur de l’extraction, énergie, environnement.

Au contraire, pour les activités demandant peu de moyens matériels mais à forte plus-value intellectuelle, un taux de marge élevé se traduit souvent par une rentabilité économique très forte, comme dans l’enseignement, santé humaine et action sociale.

C’est ensuite dans les secteurs du commerce de détail hors véhicules et du commerce et réparation de véhicules que la rentabilité économique est la plus élevée (21 %), malgré un taux de marge à peine supérieur à celui des unités légales employeuses (35 % contre 31 %).

Les transports-entreposage et l’hébergement-restauration demeurent les plus affectés par la crise sanitaire de 2020

En 2021, le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée dépassent largement leurs niveaux de 2019, avant la crise sanitaire de la Covid-19 (respectivement de 8 % et 10 %). Entre 2020 et 2021, l’activité des secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers progresse en effet vivement, tant en termes de chiffre d’affaires (+14 %) que de valeur ajoutée (+16 %). Cela fait suite au fort recul de l’activité en 2020 (- 5 % pour le chiffre d’affaires et la valeur ajoutée), après deux années de croissance en 2018 et 2019.

Cependant, les secteurs des transports-entreposage et de l’hébergement-restauration restent encore affectés par la crise sanitaire. Ils ne retrouvent pas en 2021 les niveaux d’activité et de création de richesse qu’ils avaient atteints en 2019. Ainsi, dans les transports-entreposage, la valeur ajoutée reste inférieure de 16 % à son niveau de 2019, et de 15 % dans  l’hébergement-restauration (figure 5). A contrario, les secteurs de la santé et du commerce contribuent très fortement au rebond de la croissance de l’activité et de la valeur ajoutée en 2021 : leurs valeurs ajoutées augmentent respectivement de 22 % et 20 % par rapport à 2019.

Le taux de marge augmente fortement en 2021 (+3,6 points par rapport à 2019), après s’être maintenu en 2020 malgré la crise sanitaire. Il progresse dans la majorité des secteurs, notamment dans le commerce de détail hors véhicules (+10,5 points), tandis qu’il s’affaisse dans les transports-entreposage (-4,5 points). Pour autant, la rentabilité économique est moins dynamique.

Définitions

L’unité légale correspond à la notion strictement juridique de l’entreprise (un numéro Siren).

La notion d’entreprise au sens de la loi de modernisation de l’économie (LME) de 2008 permet de dépasser la notion strictement juridique de l’entreprise (un numéro Siren), l’unité légale, en prenant en compte notamment le développement croissant de l’organisation en groupes. L’entreprise est définie comme « la plus petite combinaison d’unités légales qui constitue une unité organisationnelle de production de biens et de services jouissant d’une certaine autonomie de décision, notamment pour l’affectation de ses ressources courantes. »

Le taux de marge est la proportion de la valeur ajoutée au coût des facteurs qui reste à l’entreprise une fois ses frais de personnels réglés : excédent brut d’exploitation / valeur ajoutée au coût des facteurs. La valeur ajoutée est égale à la valeur de la production diminuée des consommations intermédiaires. La valeur ajoutée aux coûts des facteurs est égale à la valeur ajoutée de laquelle on déduit les impôts sur la production et à laquelle on ajoute les subventions d’exploitation.

Le taux de rentabilité économique rapporte l’excédent brut d’exploitation à la somme des immobilisations brutes corporelles et incorporelles et du besoin de fonds de roulement.

La somme au dénominateur est appelée « actif économique » ou « capital économique » : elle représente en effet les moyens engagés par l’entreprise dans les cycles d’exploitation et d’investissement, autrement dit ce dont l’entreprise a besoin pour tourner.

Les immobilisations corporelles sont les actifs physiques destinés à être utilisés durablement par l’entreprise comme moyens de production : terrains, constructions, installations techniques, matériel et outillage industriels, etc. Les immobilisations incorporelles sont les actifs immatériels non financiers détenus par l’entreprise : fonds commercial et autres immobilisations incorporelles (frais d’établissement, frais de développement, concessions, brevets, avances et acomptes sur immobilisations incorporelles).

Le besoin en fond de roulement représente la partie des besoins d’exploitation non assurée par les ressources d’exploitation.

L’excédent brut d’exploitation est égal à la valeur ajoutée aux coûts des facteurs de laquelle sont déduits les frais de personnel

 

 

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