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Le cumul des mandats aboli… sur le papier !

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Pratique spécifique à la France très répandue auparavant, le cumul des mandats a été réglementé par la loi du 14 février 2014. Celle-ci interdit aux parlementaires de cumuler la fonction de maire ou de président de collectivité locale, en se basant sur le principe d’un seul mandat exécutif. De ce fait, cette loi ne permet pas à un maire d’être en même temps président de région ou de département. Cette « décentralisation » aura permis une plus grande diversification et féminisation du monde politique.

Rappelez-vous, jusqu’en 2014, l’appellation « député-maire » faisait partie du langage courant à l’île de la Réunion, et les présidents des 2 conseils départemental et régional étaient quasi systématiquement des maires.

Mais à peine une loi paraît, qu’elle fait l’objet de pratiques visant à la contourner.

C’est ainsi que tous nos élus déjà députés ont brigué une mairie aux dernières municipales de 2020, et que les victorieux n’ont pas pour autant perdu le pouvoir associé à cette fonction, puisque c’est un prête-nom qui aura pris leur place.

Et là pour les prochaines élections de juin 2021, on constate que quasiment tous les maires de l’île sont candidats à la tête de la Région ou à la tête du Département. Ils sont tous dans la course à la gagne du matin au soir, sans trêve depuis leur dernière victoire.

N’est-ce pas un mépris pour les citoyens de leur commune que d’afficher par cette candidature qu’ils sont prêts à les abandonner entre les mains de l’un de leur second couteau, bien souvent inconnu et parfois même peu apprécié de la population ?

Qu’importe finalement cette loi contre les cumuls, ils ont tous trouvé la parade pour la contourner et enchaînent les élections : hier député, aujourd’hui maire, et demain président de collectivité ?

A chaque fois, nos têtes de série politiques profitent de leur notoriété pour gagner un nouveau mandat, en démissionnant du précédent… mais uniquement sur le papier. En réalité, ils conservent dans l’ombre le contrôle de leurs précédentes fonctions exécutives en les confiant à un subalterne, avec plus ou moins de succès d’ailleurs, car dans ce milieu de requin il n’est pas rare de se faire trahir par sa propre doublure.

Le non-cumul des mandats apparaît donc comme une façade, qui peine à cacher que la quête effrénée de pouvoirs et de postes autour d’un seul élu demeure la priorité.

Et même si beaucoup restent tributaires de ce système corrompu, le peuple n’est pas dupe et en a assez ! Espérons maintenant que les prises de conscience citoyennes de ces dernières années finiront par conduire à la fin de ce régime… mais pour cela, encore faut-il aller voter… car l’abstention est le plus grand ennemi de la démocratie. L’abstention, c’est l’abandon de nos droits essentiels au profit de ce système politique archaïque, que tout le monde s’accorde pourtant à vouloir changer !

Jean François Nativel

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